Une vive controverse financière oppose l'ancien gouverneur de l'État d'Anambra, Peter Obi, à l'administration actuelle dirigée par Chukwuma Soludo. Alors que le candidat à la présidence rejette toute responsabilité concernant des arriérés de dettes et de salaires, le gouvernement en place invoque des rapports officiels pour justifier l'existence de passifs hérités.
La contestation des chiffres par Peter Obi
Peter Obi a formellement démenti avoir laissé des dettes impayées à la fin de son mandat. Il affirme avoir apuré plus de 35 milliards de nairas d'arriérés et de gratifications historiques, tout en assurant avoir laissé des économies substantielles. Concernant un prêt écologique de 2 milliards de nairas, l'ancien gouverneur soutient qu'il s'agissait d'une somme délibérément conservée pour un projet spécifique de lutte contre l'érosion à Oko/Umuchiana, et non d'une dette non gérée. Il a publiquement mis au défi les autorités actuelles de prouver l'existence de passifs non réglés, allant jusqu'à promettre de suspendre sa campagne politique si ces allégations étaient confirmées.
La position du gouvernement d'Anambra
Le commissaire à l'Information, Dr Law Mefor, a répliqué en s'appuyant sur les données du Bureau de gestion de la dette (DMO). Selon ces chiffres, le solde des prêts attribués à l'administration Obi s'élèverait à 127,4 milliards de nairas au 30 juin 2026. Le gouvernement actuel souligne également l'existence d'arriérés de salaires, notamment ceux des employés de l'ancienne régie des eaux et des enseignants du primaire, dont certains remontent à des mandats antérieurs. L'administration Soludo affirme avoir déjà réglé 22 milliards de nairas d'arriérés de gratifications et a mis en place un comité pour vérifier les engagements financiers non tenus, incluant des promesses de paiement partiel de salaires restées sans suite.
Enjeux de gouvernance et transparence
Au-delà du débat comptable, cette confrontation met en lumière les défis de la continuité de l'État et de la gestion des finances publiques au Nigeria. Si le gouvernement actuel reconnaît que l'emprunt est un levier nécessaire pour le développement des infrastructures et des services publics, il insiste sur la nécessité d'une transparence totale concernant l'utilisation des fonds. La controverse souligne la complexité de l'audit des passifs hérités, où se mêlent dettes contractuelles, arriérés sociaux et fonds fléchés, cristallisant les tensions politiques entre l'ancienne et la nouvelle administration de l'État d'Anambra.