Une vive controverse financière oppose l'actuel gouvernement de l'État d'Anambra à l'ancien gouverneur Peter Obi concernant l'héritage économique laissé lors de son départ en 2014. Alors que l'administration en place pointe du doigt des engagements de prêts internationaux non soldés, l'ancien candidat à la présidence conteste ces accusations en s'appuyant sur les données de la dette publique et sur les actifs financiers qu'il affirme avoir légués à son successeur.
Divergences sur les chiffres de la dette
Les données du Bureau de gestion de la dette (DMO) indiquent que la dette extérieure de l'État d'Anambra s'élevait à environ 30,32 millions de dollars en décembre 2013, soit une augmentation par rapport aux 16,87 millions de dollars enregistrés en 2006. Si Peter Obi reconnaît ce niveau d'endettement, le gouvernement actuel soutient que ces chiffres ne reflètent pas la réalité des engagements contractés. Les autorités locales évoquent huit facilités de crédit internationales, totalisant 123,77 millions de dollars, signées durant le mandat d'Obi, dont une partie importante resterait à rembourser.
La question des engagements internationaux
Le gouvernement d'Anambra soutient que Peter Obi a engagé l'État dans des programmes de développement financés par des institutions internationales, comme la Banque mondiale, sans en assumer le passif. Le commissaire à l'Information, Law Mefor, précise que si ces prêts étaient destinés à des secteurs cruciaux comme la santé ou l'agriculture, leur service pèse aujourd'hui sur les finances publiques. De son côté, Peter Obi qualifie ces fonds de soutiens concessionnels au développement, négociés par le gouvernement fédéral, et soutient qu'ils ne peuvent être assimilés à une gestion irresponsable de la dette.
Le bilan des actifs et des liquidités
Au cœur du débat figure également le rapport de passation de pouvoir de 2014. Peter Obi affirme avoir laissé environ 91,67 milliards de nairas en actifs et soldes, incluant des investissements locaux et étrangers, après déduction des passifs estimés. Cette version est partiellement corroborée par son successeur immédiat, Willie Obiano, qui avait admis en 2017 avoir hérité de plus de 50 milliards de nairas en liquidités et titres. Toutefois, l'absence de vérification conjointe des comptes lors de la transition empêche aujourd'hui d'établir un consensus sur la situation nette réelle au moment du transfert de pouvoir.
Un enjeu de transparence pour la gestion publique
La persistance de ce désaccord souligne l'importance de la transparence dans la transition des pouvoirs au Nigeria. Alors que le gouvernement actuel cherche à clarifier les responsabilités pour éviter de porter le poids de dettes non divulguées, l'ancien gouverneur maintient que ses réalisations financières, notamment ses efforts d'épargne, ont largement compensé les engagements contractés. Cette affaire illustre la difficulté de réconcilier les données comptables officielles avec les narratifs politiques lors des changements d'administration.