La gestion financière de l'ancien gouverneur de l'État d'Anambra, Peter Obi, fait l'objet d'une remise en question frontale par l'administration actuelle. Alors que le candidat à la présidentielle de 2027 met en avant une épargne de 150 millions de dollars réalisée durant son mandat (2006-2014), le gouvernement en place dénonce une stratégie jugée inefficace et déconnectée des besoins urgents de la population.
Une divergence sur la finalité de l'action publique
Pour Law Mefor, commissaire à l'Information de l'Anambra, l'accumulation de réserves financières ne constitue pas un succès en soi. Il soutient que le rôle d'un gouvernement est d'investir dans les infrastructures, la santé et l'éducation plutôt que de thésauriser des fonds bancaires. Selon l'exécutif actuel, cette politique d'épargne a été menée alors que l'État souffrait d'un déficit criant en matière d'accès à l'eau, d'énergie et de lutte contre l'érosion, privant les citoyens de services essentiels au profit d'intérêts financiers minimes.
Contestation des dettes et des actifs légués
Le débat s'étend également à la réalité de la dette publique héritée. Tandis que Peter Obi affirme n'avoir laissé aucune dette, le gouvernement actuel avance des documents comptables faisant état de huit emprunts extérieurs contractés entre 2007 et 2013, totalisant 123,7 millions de dollars. Les autorités locales accusent par ailleurs l'ancien gouverneur d'avoir présenté des notes de transfert de pouvoir trompeuses, omettant des passifs liés à des contrats routiers d'une valeur de 127 milliards de nairas tout en gonflant la valeur des actifs par l'inclusion de projets inachevés.
Le mystère des fonds écologiques
Un point de friction majeur concerne la localisation de 2,13 milliards de nairas issus des fonds écologiques, destinés à la gestion des crises d'érosion. Peter Obi soutient avoir laissé cette somme sur un compte spécifique à la First Bank. Cependant, l'administration actuelle affirme, preuves bancaires à l'appui, que le compte désigné était un compte de recettes internes et que le solde n'a jamais atteint le montant annoncé. Cette zone d'ombre alimente les accusations de mauvaise gestion, le gouvernement actuel exigeant des éclaircissements sur la destination réelle de ces ressources publiques.
L'enjeu du développement face à l'épargne
Au-delà de la polémique comptable, cet affrontement souligne deux visions opposées de la gouvernance au Nigeria. D'un côté, une approche axée sur la prudence budgétaire et la constitution de réserves ; de l'autre, une volonté de transformer les ressources en capital humain et en infrastructures immédiates. Alors que les deux parties continuent d'échanger des arguments contradictoires sur les chiffres, la question de l'impact réel de ces choix sur la réduction de la pauvreté dans l'Anambra reste le point central de cette controverse politique.