La gestion financière de l'ancien gouverneur de l'État d'Anambra, Peter Obi, fait l'objet d'un vif débat public. Oseloka Obaze, ex-secrétaire du gouvernement, a rendu publics des documents de passation de pouvoir datant de 2014 pour contester les récentes allégations de l'administration actuelle concernant des dettes héritées.
La preuve documentaire d'une transition financière
Oseloka Obaze, qui a servi sous l'administration de Peter Obi entre 2006 et 2014, affirme que son successeur, Willie Obiano, a reçu un rapport détaillé le 17 mars 2014. Ce document, désormais accessible, fait état d'un actif total de 91,67 milliards de nairas, ramené à 86,67 milliards après déduction de 5 milliards de nairas destinés aux passifs immédiats, tels que les salaires et les projets en cours. M. Obaze soutient que M. Obiano a formellement accusé réception de ces documents, incluant des relevés bancaires certifiés.
Des contradictions politiques persistantes
La question de l'héritage financier d'Anambra est devenue un enjeu politique majeur. Si l'administration actuelle, dirigée par Charles Soludo, soutient qu'elle rembourse encore des emprunts contractés sous l'ère Obi, ce dernier nie fermement avoir laissé des dettes. Le débat est alimenté par des déclarations passées : en 2017, Willie Obiano avait lui-même reconnu, lors d'un débat télévisé, l'existence de fonds laissés par son prédécesseur, suggérant que ces ressources avaient notamment permis le financement de l'aéroport d'Anambra.
L'enjeu de la transparence budgétaire
La polémique a été ravivée par le commissaire aux finances de l'État, Izuchukwu Okafor, qui a récemment publié des registres de prêts affirmant que 92,35 millions de dollars de dettes extérieures, contractées entre 2007 et 2013, restaient à rembourser. De son côté, l'entourage de Peter Obi souligne que les chiffres présentés en 2014 n'ont jamais fait l'objet d'une vérification conjointe formelle entre les administrations sortante et entrante, laissant place à des interprétations divergentes sur la réalité comptable de la transition.
Un point de vigilance pour la gouvernance locale
Cette confrontation souligne la difficulté récurrente de la traçabilité des finances publiques lors des changements d'exécutif au Nigeria. Alors que les deux camps s'opposent sur la nature des investissements et des engagements financiers passés, cet échange met en lumière l'importance cruciale d'audits indépendants et transparents pour clore les débats sur la gestion des deniers publics et éviter l'instrumentalisation des chiffres à des fins politiques.