La police de l'État d'Anambra, au Nigeria, a interpellé deux suspects impliqués dans la création et la diffusion de contenus numériques trompeurs. Ces manœuvres visaient à envenimer le climat social entre les communautés d'Aguleri et d'Umuoba Anam, déjà fragilisées par des affrontements meurtriers survenus début octobre.
Une manipulation numérique au service de la violence
Les deux individus, identifiés comme Chimezie Peter, 17 ans, et Sunday Offordile, ont été appréhendés le 26 octobre par des membres de la communauté avant d'être remis aux autorités. Selon les premiers éléments de l'enquête, les suspects auraient filmé des habitants d'Umueri revenant de leurs champs pour les présenter, à tort, comme des assaillants armés issus d'Aguleri. En accompagnant ces images de commentaires mensongers, les auteurs cherchaient à faire croire à une embuscade imminente contre les membres de la communauté d'Umuoba Anam, risquant ainsi de provoquer des représailles violentes.
Un contexte de crise sous haute surveillance
Ces arrestations interviennent dans un climat de vive tension dans la zone de gouvernement local d'Anambra East. Le conflit intercommunautaire, qui a causé la mort d'au moins cinq personnes et la destruction de nombreux foyers, a contraint le gouvernement de l'État à fermer le marché d'Otuocha et à instaurer une commission d'enquête judiciaire. Les autorités craignent que la désinformation ne vienne saboter les efforts de médiation en cours et ne relance un cycle de violence incontrôlable.
Appel à la responsabilité citoyenne
Le commissaire de police de l'État, Nnanna Ama, a fermement mis en garde contre la propagation de contenus non vérifiés sur les réseaux sociaux. La police souligne que la diffusion de récits provocateurs constitue une menace directe pour l'ordre public. Dans le cadre de la procédure en cours, les suspects ont été transférés au Département des enquêtes criminelles de l'État à Awka pour des investigations approfondies. Parallèlement, les forces de l'ordre multiplient les échanges avec les chefs traditionnels et les groupes de vigilance locaux pour restaurer le calme et prévenir toute justice privée basée sur des rumeurs numériques.