La posture politique de Bello Bouba Maigari lors de l'élection présidentielle camerounaise d'octobre 2025 continue de susciter des débats au sein de la classe politique. Face aux accusations qualifiant le candidat de l'UNDP de « marionnette » du pouvoir en place, le journaliste Guibai Gatama propose une lecture nuancée, distinguant les erreurs stratégiques d'une supposée allégeance au RDPC.
Une conception de la politique marquée par la retenue
Loin de l'agressivité verbale ou de la confrontation directe prônée par d'autres acteurs de l'opposition, Bello Bouba Maigari a mené une campagne fondée sur la prudence. Pour Guibai Gatama, cette modération, souvent interprétée comme une connivence avec le pouvoir, relève avant tout d'un tempérament politique singulier. Ce refus de la rupture spectaculaire, bien que fidèle à la trajectoire historique de l'homme, a toutefois fini par décevoir une opinion publique en quête de discours offensifs et de changements radicaux.
L'impératif de survie pour l'UNDP
Au-delà de la personnalité du candidat, la candidature de 2025 répondait à un enjeu interne crucial : la survie de l'UNDP. Après des années d'alliance avec le parti au pouvoir, le parti risquait l'implosion et une perte totale d'identité. En se présentant, Bello Bouba cherchait à réaffirmer l'existence propre de sa formation politique, bien que cette stratégie ait été fragilisée par le maintien de certains cadres au gouvernement, une décision qui a durablement entamé la confiance de sa base militante.
La question de la confrontation postélectorale
Le refus de contester les résultats, une constante dans le parcours de Bello Bouba depuis 1992, reste le point de cristallisation des critiques. Si cette posture est perçue par ses détracteurs comme une compromission, elle est analysée par ses partisans ou observateurs comme une conception particulière de la stabilité institutionnelle. Guibai Gatama souligne que si le bilan de cette campagne est critiquable sur le plan de l'efficacité électorale, il ne saurait être réduit à une simple manœuvre téléguidée par le pouvoir.
Des dynamiques d'alliances complexes
Les échanges en coulisses, notamment avec Maurice Kamto, illustrent la complexité des calculs politiques de l'époque. La difficulté pour l'UNDP de s'inscrire dans une dynamique d'opposition unie, faute d'avantages stratégiques mutuels, a également contribué à l'isolement relatif de Bello Bouba. En somme, si le candidat a commis des erreurs d'appréciation tactique, celles-ci témoignent davantage des limites d'une ligne politique traditionnelle face aux nouvelles attentes de l'électorat camerounais.