Amzi Franc : deux décennies au service de la flûte parleuse et de la transmission culturelle au Burkina Faso

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 21 lectures
Amzi Franc : deux décennies au service de la flûte parleuse et de la transmission culturelle au Burkina Faso

Figure singulière de la scène musicale burkinabè, le flûtiste Amzi Franc, de son nom à l'état civil Ouattara Niapéguéssin, célèbre en 2026 ses vingt ans de carrière. Entre engagement artistique et volonté de pérenniser un héritage sonore, il s'impose comme un ambassadeur de la flûte traditionnelle, un instrument qu'il érige en symbole de cohésion sociale.

Un parcours forgé par la persévérance

Le cheminement d'Amzi Franc vers la maîtrise de la flûte parleuse, également appelée flûte nerveuse, n'a rien eu de linéaire. Initié très tôt par son père, il affine sa pratique au Petit Séminaire de Nasso dès 1988. Bien que destiné à la prêtrise, il choisit finalement de se consacrer pleinement à la musique. Ce choix, initialement incompris par une partie de son entourage qui associait la pratique musicale aux seules familles de griots, a nécessité une détermination sans faille. Le tournant décisif survient en 2004, lorsqu'un prix obtenu lors d'un concours national lui permet enfin d'acquérir son propre instrument, marquant le début d'un investissement artistique total.

La scène internationale et l'exigence de la création

Au fil des deux dernières décennies, Amzi Franc a su inscrire son art dans des cadres prestigieux. Collaborant avec des chorégraphes renommés comme Oumar Ouédraogo, il a porté les sonorités burkinabè sur des scènes internationales, notamment lors des Jeux de la Francophonie en 2009 au Liban et divers festivals en France. Fort de trois albums publiés entre 2011 et 2021, l'artiste ne se limite plus à l'interprétation. Il finalise actuellement la rédaction d'un ouvrage technique dédié à la fabrication et à la pratique de la flûte, un projet qui souligne son ambition de documenter et de transmettre un savoir-faire menacé par l'oubli.

Le défi de la visibilité pour les arts traditionnels

Malgré une reconnaissance artistique établie, Amzi Franc pointe du doigt les difficultés structurelles auxquelles font face les musiciens évoluant dans des registres traditionnels. Selon lui, le manque de visibilité médiatique et le faible accès aux plateaux de diffusion constituent des freins majeurs à l'épanouissement économique des artistes. Il appelle les autorités et les organisateurs d'événements à repenser l'accompagnement des talents moins médiatisés, condition sine qua non pour permettre à ces musiciens de vivre dignement de leur art.

Transmettre pour pérenniser

Pour marquer ses vingt ans de carrière, l'artiste a choisi de placer la transmission au cœur de ses célébrations. À l'occasion d'un concert prévu le 7 novembre 2026 à Banfora, il présentera le travail de dix apprenants qu'il forme durant deux semaines. Pour Amzi Franc, la flûte demeure un instrument thérapeutique et un vecteur de paix, dont la survie dépend de la capacité des aînés à susciter des vocations chez les jeunes générations par le travail et la rigueur.

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