Amoéba mise sur les amibes pour remplacer les pesticides : le pari d’une biotech française en pleine reconversion

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 15 lectures
Amoéba mise sur les amibes pour remplacer les pesticides : le pari d’une biotech française en pleine reconversion

Amoéba, société cotée à la Bourse depuis 2015 et implantée à Chassieu près de Lyon, tente de renverser une décennie de revers financiers en misant sur une technologie biologique capable de remplacer les pesticides traditionnels. Le pivot vers le biocontrôle agricole et les ingrédients cosmétiques représente son dernier espoir d’autonomie financière.

Un passé tumultueux entre régulation et échec commercial

Créée il y a plus de quinze ans, Amoéba a d’abord développé des solutions de traitement des eaux industrielles. Les exigences réglementaires strictes et des performances jugées insuffisantes ont conduit à l’abandon de ce segment, laissant l’entreprise avec des pertes importantes et une trésorerie sous tension. Cette période a également été marquée par des difficultés à lever des capitaux, malgré son introduction en bourse en 2015.

Le virage vers le biocontrôle : des amibes au service de l’agriculture

Le nouveau cap repose sur l’exploitation d’amibes, micro-organismes unicellulaires capables de parasiter les ravageurs des cultures. Selon les dirigeants, ces organismes offrent une alternative « miracle » aux produits chimiques, en limitant les résidus toxiques et en préservant la biodiversité des sols. Le projet s’appuie sur des brevets déposés entre 2018 et 2022, ainsi que sur des essais pilotes menés dans plusieurs pays européens.

Applications cosmétiques : diversifier les sources de revenus

Parallèlement au secteur agricole, Amoéba explore la valorisation de ses amibes comme ingrédients actifs dans les produits de soin. Les propriétés antibactériennes et anti‑inflammatoires de ces micro‑organismes sont présentées comme un atout pour les formulations de crèmes et de lotions, ouvrant ainsi un marché à forte marge et moins soumis aux contraintes agro‑environnementales.

Défis financiers et perspectives de croissance

Malgré l’ambition technologique, la société doit encore convaincre les investisseurs de la viabilité économique de son modèle. Les coûts de production à grande échelle, la certification réglementaire des produits biocontrollants et la concurrence des solutions biologiques déjà établies constituent des obstacles majeurs. Les dirigeants prévoient une levée de fonds au second semestre 2026 pour financer les essais de terrain et accélérer la commercialisation.

Implications pour le secteur agricole africain

Si le concept d’amibes se confirme, il pourrait offrir aux agriculteurs africains une alternative durable aux pesticides importés, réduisant les coûts et les impacts environnementaux. Les partenaires potentiels du continent, notamment les instituts de recherche agronomique, surveillent de près les avancées d’Amoéba, qui pourrait devenir un fournisseur de solutions de biocontrôle adaptées aux cultures locales.

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