Le décès de Japheth Njoku, survenu en détention au sein du commissariat de Tiger Base à Owerri, place les autorités de l'État d'Imo face à leurs responsabilités. Amnesty International exhorte désormais le gouvernement et la hiérarchie policière à appliquer les recommandations du coroner pour garantir justice et réparation à la famille de la victime.
Les conclusions accablantes du coroner
Le 30 septembre 2026, le juge E. U. Chinaka, siégeant en tant que coroner, a rendu des conclusions mettant en lumière les circonstances tragiques de la mort de Japheth Njoku, âgé de 32 ans. Détenu pendant six semaines pour une accusation de vol — un délit pourtant éligible à la liberté sous caution — le jeune homme a vu son état de santé se dégrader gravement. Selon les éléments recueillis, les conditions de détention inhumaines et des pressions financières exercées sur le détenu ont directement contribué à son décès.
Une exigence de reddition de comptes
Face à ces révélations, Amnesty International a officiellement interpellé le procureur général de l'État d'Imo, l'inspecteur général de la police et la Commission de la police. L'organisation demande l'ouverture immédiate de poursuites judiciaires contre toute personne dont la responsabilité pénale est établie par l'enquête. Au-delà des sanctions, l'ONG insiste sur le droit de la famille de la victime à obtenir une réparation adéquate pour ce préjudice irréparable.
Obstacles à la justice et dérives systémiques
L'affaire soulève également des inquiétudes majeures concernant l'intégrité des procédures judiciaires. Amnesty International a dénoncé des tentatives d'obstruction à l'autopsie ordonnée par le tribunal ainsi que des actes d'intimidation visant les témoins. Ces faits viennent renforcer les alertes récurrentes de l'organisation sur les pratiques au sein du centre de détention de Tiger Base, où des allégations de torture, d'extorsion et de détentions arbitraires sont régulièrement signalées. L'organisation appelle à une réforme urgente des garanties de protection pour les personnes placées en garde à vue afin de prévenir de nouveaux drames.