L'organisation de défense des droits humains Amnesty International a formellement interpellé les autorités nigérianes concernant le déplacement inexpliqué de centaines de dépouilles mortelles dans l'État d'Imo. Cette situation, marquée par des transferts nocturnes de corps, soulève des interrogations majeures sur le respect des procédures légales et la transparence des opérations de sécurité dans la région.
Des transferts nocturnes sous surveillance
Les rapports font état de mouvements suspects de corps provenant de plusieurs morgues, notamment celles des hôpitaux généraux de Ngor Okpala et de Mbieri. Des vidéos analysées par l'organisation montrent le transport de ces dépouilles, dont beaucoup se trouvent dans un état de décomposition avancée, suggérant une accumulation sur une longue période. Amnesty International souligne l'urgence pour le gouvernement de l'État d'Imo de fournir des explications claires sur la destination finale de ces restes humains et sur les circonstances ayant conduit à leur présence dans ces établissements.
L'exigence d'une enquête indépendante
Au-delà de la simple localisation des corps, l'organisation pointe du doigt des allégations graves concernant d'éventuelles exécutions extrajudiciaires commises lors d'opérations de sécurité. Isa Sanusi, directeur d'Amnesty International Nigeria, a insisté sur la nécessité impérative de préserver les dossiers médicaux, les registres des morgues et toute autre preuve matérielle. L'ONG demande l'ouverture d'une enquête indépendante et impartiale pour déterminer les causes des décès et identifier formellement les victimes, afin d'éviter toute altération des preuves.
Le droit à la vérité pour les familles
La priorité affichée par l'organisation est le respect du droit des familles à connaître le sort de leurs proches disparus. Amnesty International exhorte les autorités à procéder à des examens médico-légaux rigoureux, incluant des autopsies si nécessaire, et à communiquer les résultats aux familles concernées. L'enjeu est de garantir que toute personne responsable de violations des droits humains ou d'homicides illégaux soit identifiée et traduite en justice dans le cadre de procédures équitables, mettant ainsi fin à l'opacité entourant ces transferts de dépouilles.