Une nouvelle vague d'enlèvements frappe le nord du Nigeria, où des assaillants ont pris pour cible des fidèles lors de la prière du vendredi à Kpenya, dans l'État du Niger. Face à la multiplication de ces actes criminels, Amnesty International presse le gouvernement fédéral d'intensifier ses efforts pour garantir la sécurité des populations rurales et libérer les otages.
Une opération de sauvetage sous tension
L'attaque, survenue le 21 août dans les communautés de Gidan-Zana et Kpenya, a suscité une vive inquiétude. Si le gouvernement de l'État du Niger, par la voix de son commissaire à l'Information, Obed Nana, a confirmé l'assaut, le nombre exact de personnes capturées reste à établir, bien que des sources locales évoquent plus de 80 victimes. Le gouverneur Mohammed Bago a ordonné le déploiement d'une opération conjointe des forces de sécurité pour traquer les ravisseurs et secourir les fidèles, tout en appelant à la prudence sur la diffusion de chiffres non vérifiés afin de ne pas compromettre les opérations en cours.
L'urgence d'une réponse sécuritaire nationale
Amnesty International a souligné la gravité particulière de cet incident, rappelant que les survivants de tels enlèvements subissent régulièrement des violences extrêmes, allant de la torture aux sévices sexuels. L'organisation pointe une tendance alarmante : entre janvier et avril 2026, au moins 1 100 personnes auraient été enlevées dans le nord du pays. Pour l'ONG, l'administration du président Bola Tinubu doit impérativement renforcer la protection des civils et mettre en place des mécanismes de reddition de comptes pour briser ce cycle de violence.
La vulnérabilité persistante du corridor de Borgu
Cet enlèvement s'inscrit dans un contexte de dégradation sécuritaire prolongée autour du parc national de Kainji et de la frontière entre les États du Niger et de Kebbi. La région est le théâtre d'attaques récurrentes contre les communautés rurales, les voyageurs et les lieux de culte. À peine une semaine avant les événements de Kpenya, une attaque similaire dans l'État de Sokoto avait coûté la vie à 32 personnes. Face à cette menace, les autorités locales avaient déjà envisagé des évacuations préventives dans certaines zones, illustrant l'incapacité actuelle à sécuriser durablement ces territoires face aux groupes armés opérant dans les forêts environnantes.