Ancienne Première ministre et figure centrale de la scène politique sénégalaise, Aminata « Mimi » Touré orchestre désormais le déploiement de Kiiraay, la formation lancée en juillet 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette stratégie de massification, qui attire des élus issus de divers horizons, s'inscrit dans un contexte de rivalités internes et de préparation active aux prochaines échéances électorales de 2027.
Une stratégie d'implantation nationale
Aminata Touré s'est vu confier la supervision générale de Kiiraay avec pour mission prioritaire l'élargissement de sa base électorale. La formation parvient à capter des cadres et des maires provenant de l'APR, du PDS, ainsi que de certaines franges de PASTEF. Selon les déclarations de la superviseure, cette dynamique de ralliement aurait déjà convaincu plus de la moitié des maires du pays, une force de frappe que le parti entend mobiliser pour la reconquête des collectivités territoriales.
Tensions au sommet de l'exécutif
L'ascension de Mimi Touré au sein de l'appareil présidentiel ne se fait pas sans heurts. Des révélations récentes, portées par le député Amadou Ba, font état de propos tenus par l'ancienne Première ministre à l'encontre du président Faye durant la période d'incarcération d'Ousmane Sonko. Ces déclarations, suggérant une fragilité du pouvoir en place, alimentent les soupçons de dissensions au sommet de l'État. La situation est d'autant plus complexe qu'une procédure judiciaire visant Aminata Touré est interprétée par certains observateurs, dont l'universitaire Demba Guèye, comme une manœuvre politique destinée à limiter son influence.
Le défi de la cohésion face à 2027
Alors que les critiques sur la « transhumance » politique se multiplient, Aminata Touré rejette ces accusations, justifiant sa démarche par une nécessité de rassemblement national. Pour le camp présidentiel, l'enjeu est double : il s'agit de consolider une base solide tout en gérant les frictions entre les alliés historiques. La capacité de Kiiraay à maintenir cette dynamique de recrutement tout en apaisant les tensions internes sera déterminante pour la stabilité de la coalition à l'approche des scrutins de 2027, une échéance pour laquelle la formation se dit d'ores et déjà prête.