Figure centrale du dispositif présidentiel, Aminata Touré déploie une stratégie offensive de massification pour le parti Kiiraay. En multipliant les ralliements d'élus issus des formations politiques historiques, elle cherche à consolider l'assise nationale de la nouvelle majorité au pouvoir.
Une stratégie de recrutement au sein des partis traditionnels
Dans l'objectif d'implanter durablement le parti Kiiraay sur l'ensemble du territoire sénégalais, Aminata Touré cible prioritairement les cadres et élus de l'Alliance pour la République (APR), du Parti démocratique sénégalais (PDS) et du Parti socialiste (PS). Cette dynamique de « transhumance » politique s'est illustrée récemment à Kaffrine, où un appel solennel a été lancé à l'ancien responsable apériste Abdoulaye Saïdou Sow. Cette méthode, visant à absorber des forces politiques ayant gouverné le pays par le passé, s'inscrit dans une volonté de renforcer le poids électoral du parti face à la concurrence de Pastef.
L'influence sur les nominations aux postes stratégiques
Au-delà du recrutement politique, Aminata Touré exercerait une influence déterminante sur les nominations au sein de l'appareil d'État. Selon des sources internes, elle aurait centralisé la gestion des dossiers de candidature pour les directions générales et les présidences de conseil d'administration (PCA). Ce processus, validé lors du dernier Conseil des ministres, fait l'objet de critiques au sein même du parti, certains membres dénonçant un manque de considération pour les compétences techniques des postulants au profit de logiques de positionnement politique.
Les risques d'une stratégie contestée
Cette politique de recrutement massif suscite des interrogations sur la cohérence et l'efficacité de la gouvernance actuelle. La pratique de la transhumance, souvent perçue négativement par une partie de l'opinion publique, est au cœur des débats. Des voix internes au parti Kiiraay alertent sur les conséquences électorales de ces choix, craignant que l'intégration de figures issues des anciens régimes ne soit en décalage avec les attentes de changement exprimées par les citoyens. La responsabilité des futurs résultats électoraux du président Bassirou Diomaye Faye semble désormais étroitement liée à cette stratégie de recomposition politique menée par Aminata Touré.