Aminata Touré dénonce l'irresponsabilité des députés après le second rejet du budget rectificatif 2026 au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
Aminata Touré dénonce l'irresponsabilité des députés après le second rejet du budget rectificatif 2026 au Sénégal

La commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a de nouveau rejeté le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, déclenchant la réaction virulente d’Aminata Touré, ancienne Première ministre et dirigeante du parti Kiiraay Les Patriotes Républicains.

Un second rejet qui confirme les tensions entre le gouvernement et le Parlement

Le vote en commission, qui s’est tenu vendredi, marque le deuxième refus consécutif du LFR 2026. Le texte, qui prévoit plus de 1 500 milliards de crédits et de paiements, était déjà bloqué lors d’une première séance. Les députés du parti Pastef, qui détiennent une place centrale dans la majorité, ont de nouveau refusé de le soutenir, invoquant des réserves sur la transparence et la gestion des fonds politiques.

Aminata Touré met en avant 300 milliards de dettes envers le secteur privé

Dans une interview diffusée sur RFM, Aminata Touré a exprimé son « profond regret » face à ce qu’elle qualifie d’« irresponsabilité » parlementaire. Elle a rappelé que le projet de loi comprend une enveloppe de 300 milliards de francs CFA destinée à régler les dettes de l’État envers les entreprises privées, un volet qu’elle juge crucial pour la confiance des investisseurs et la continuité des projets d’infrastructure. Parmi les dépenses prévues, elle a cité l’assainissement de villes comme Touba, la construction d’hôpitaux à Saint‑Louis, Bakel et Mbour, ainsi que l’édification de casernes à Kédougou.

Conséquences politiques et perspectives de déblocage

Touré a souligné que les députés auraient dû voter le texte « au nom des populations » plutôt que de le réduire à une lutte de pouvoir entre le président Bassirou Diomaye Faye et le parti Kiiraay. Elle rappelle que la Constitution sénégalaise prévoit des garde‑fous pour éviter un blocage complet du budget, et qu’elle s’attend à ce que le chef de l’État prenne les mesures nécessaires afin de garantir la continuité des services publics. Le rejet, selon elle, porte préjudice aux programmes directement liés aux besoins des citoyens, notamment dans les domaines de la santé et de l’assainissement. Par ailleurs, le parti d’Ousmane Sonko, qui a déclaré le 19 octobre 2026 ne soutenir la LFR qu’à condition d’encadrer les fonds politiques, pourrait jouer un rôle de médiateur ou de facteur de pression supplémentaire sur le gouvernement.

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