Face aux récentes initiatives du groupe parlementaire Pastef et de la présidence de l'Assemblée nationale, Aminata Touré monte au créneau pour exiger une distinction claire des rôles institutionnels. L'ancienne Première ministre plaide pour que le contrôle des finances publiques demeure l'apanage exclusif des structures spécialisées, mettant en garde contre une politisation des procédures de vérification financière.
La primauté des organes de contrôle technique
Pour Aminata Touré, la gestion des deniers publics ne saurait relever de l'initiative parlementaire directe. Elle souligne que la Cour des comptes et l'Inspection générale d'État (IGE) sont les seules institutions disposant de l'expertise technique et du cadre juridique nécessaires pour auditer les comptes de l'État. Selon elle, la complexité de la vérification financière exige des compétences spécifiques qui ne peuvent être remplacées par des démarches politiques, qu'elle qualifie de populistes.
Défense de la séparation des pouvoirs
Au cœur de son argumentation réside le principe de la séparation des responsabilités au sein de l'appareil d'État. En affirmant que « les députés ne sauraient s'arroger les prérogatives » des organes de contrôle, elle dénonce une confusion des rôles qui, selon elle, fragilise la République. Elle insiste sur le fait que la transparence et la bonne gouvernance, piliers affichés du programme du président Bassirou Diomaye Faye, doivent être protégées des manœuvres politiciennes pour rester crédibles.
L'exigence d'une saisine formelle des dossiers
Aminata Touré ne se contente pas d'une critique de méthode ; elle appelle à une action concrète. Elle demande que l'ensemble des dossiers financiers actuellement au centre des débats publics soient transmis aux institutions compétentes. Elle cite explicitement le fonds Jaam de la Casamance comme l'un des sujets devant faire l'objet d'un examen rigoureux par les instances habilitées. Cette position vise à replacer le débat sur le terrain de la technicité juridique plutôt que sur celui de la confrontation politique, avec pour objectif affiché le respect strict des prérogatives de chaque institution républicaine.