Aminata Touré appelle à privilégier les institutions de contrôle face aux commissions parlementaires

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Aminata Touré appelle à privilégier les institutions de contrôle face aux commissions parlementaires

Face à la multiplication des débats sur l'usage des commissions d'enquête parlementaires, Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Kiiraay, appelle à une sanctuarisation des procédures de contrôle financier. L'ancienne Première ministre insiste sur la nécessité de confier l'audit des ressources publiques aux institutions spécialisées pour garantir une rigueur technique et éviter toute instrumentalisation politique.

La primauté des organes de contrôle spécialisés

Aminata Touré soutient que le contrôle des deniers publics ne doit pas relever de la seule initiative parlementaire. Elle préconise un recours systématique à la Cour des comptes et à l'Inspection générale d'État (IGE), seules structures dotées, selon elle, de la méthodologie et des compétences techniques indispensables pour auditer efficacement les finances de l'État. Dans cette optique, elle propose que les dossiers faisant l'objet de controverses publiques, à l'instar du fonds Jaam de la Casamance, soient transmis à ces instances habilitées pour un examen impartial.

La question de la redevabilité parlementaire

Au-delà de la gestion gouvernementale, la responsable politique soulève une interrogation structurelle sur le fonctionnement de l'Assemblée nationale elle-même. En posant la question « Qui va enquêter sur les enquêteurs ? », elle pointe du doigt l'absence de mécanismes de contrôle interne sur l'utilisation des ressources allouées à l'institution parlementaire. Cette réflexion souligne une exigence de transparence qui, selon elle, doit s'appliquer à l'ensemble des pouvoirs publics, sans exception.

Un débat sur la répartition des compétences

Cette prise de position s'inscrit dans un contexte de tensions politiques marquées par des discussions intenses sur les prérogatives des députés. En rappelant que les parlementaires ne doivent pas se substituer aux organes de contrôle spécialisés, Aminata Touré relance le débat sur la séparation des rôles au sein de l'appareil d'État. L'enjeu est de taille : il s'agit de définir un cadre de gouvernance où la volonté politique de transparence ne fragilise pas les procédures institutionnelles établies, garantissant ainsi une gestion rigoureuse et apaisée des finances publiques sénégalaises.

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