Face à la prévalence croissante des maladies non transmissibles (MNT), telles que le diabète, les cancers et les maladies cardiovasculaires, la sécurité des soins devient un enjeu de santé publique majeur. À l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité des patients, PharmAccess a souligné la nécessité d'une approche systémique pour protéger les patients dont le parcours de soins, souvent long et complexe, reste vulnérable aux ruptures de continuité.
Les risques liés à la chronicité des soins
Les patients souffrant de pathologies chroniques sont particulièrement exposés aux erreurs médicales. Contrairement à un épisode de soin ponctuel, la prise en charge d'une hypertension ou d'un diabète s'étend sur des décennies et implique une multitude d'acteurs, de prescriptions et d'établissements. Cette fragmentation entraîne souvent une perte d'information, le patient devenant le seul dépositaire de son historique médical. Pour PharmAccess, la sécurité ne peut être garantie par des interventions isolées, mais doit être pensée comme la somme cumulative de chaque consultation et transfert de dossier.
Quatre leviers opérationnels pour transformer le système
Pour pallier ces failles, l'organisation déploie quatre outils complémentaires. Le programme SafeCare permet d'évaluer les établissements selon des standards internationaux, tandis que le Medical Credit Fund offre des solutions de financement pour combler les lacunes identifiées lors de ces audits. Parallèlement, l'adoption d'un modèle de soins basé sur la valeur — liant le paiement aux résultats cliniques plutôt qu'au volume d'actes — est testée avec les autorités ghanéennes. Enfin, la plateforme numérique NkwaPlus favorise le suivi à distance, permettant une intervention précoce avant que des risques émergents ne deviennent des urgences vitales.
Vers une culture de la responsabilité partagée
Au-delà des outils techniques, PharmAccess insiste sur quatre conditions indispensables pour ancrer la sécurité dans le quotidien hospitalier. Le leadership doit être visible et faire de la sécurité un point permanent à l'ordre du jour, du ministère jusqu'aux unités de soins. Cet engagement doit se traduire par des investissements budgétaires pérennes et une culture de transparence où le personnel peut signaler les incidents sans crainte de sanction. Enfin, le patient doit être replacé au centre du dispositif en tant que partenaire actif, capable de comprendre et de gérer sa propre santé.
Un appel à l'action mesurable
L'enjeu pour le secteur de la santé au Ghana est désormais de passer de la théorie à l'exécution. PharmAccess préconise une feuille de route claire : chaque action entreprise doit être assortie d'un responsable désigné, d'un calendrier précis et d'indicateurs de performance mesurables. L'objectif est de pouvoir démontrer, d'ici la prochaine édition de la Journée mondiale de la sécurité des patients, des changements concrets dans les établissements de santé, prouvant que la qualité des soins n'est plus une intention, mais une réalité quotidienne pour les patients.