Amazigh : les partis politiques sommés de passer des promesses aux actes avant 2026

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 39 lectures
Amazigh : les partis politiques sommés de passer des promesses aux actes avant 2026

Avec les législatives de 2026 comme horizon, la question de l’officialisation effective de l’amazigh s’impose comme un test pour les partis politiques. Une organisation de la société civile leur adresse un mémorandum exigeant des engagements clairs, loin des calculs électoraux, pour traduire dans les faits les dispositions constitutionnelles.

Un rappel constitutionnel à concrétiser

Depuis l’adoption de la Constitution de 2011, l’amazigh est reconnu comme langue officielle au Maroc, aux côtés de l’arabe. Pourtant, cinq ans après l’entrée en vigueur de la loi organique 26.16, qui prévoit une mise en œuvre progressive sur quinze ans, les retards s’accumulent. La Ligue marocaine de Tamazight dénonce un « gaspillage législatif et temporel » et exige un bilan précis des avancées réalisées. L’organisation insiste sur la nécessité de rattraper ces retards dans plusieurs domaines, tout en consolidant les acquis, notamment ceux liés à l’Institut royal de la culture amazighe.

L’éducation figure au cœur des revendications. La Ligue propose la création d’une direction dédiée à l’enseignement de l’amazigh au sein du ministère de l’Éducation nationale, ainsi qu’une augmentation des postes pour la formation des enseignants. Elle demande également la généralisation de l’enseignement de l’amazigh dans les établissements publics et privés, ainsi que dans les écoles traditionnelles. Des mesures d’incitation financières et fiscales sont suggérées pour encourager les établissements privés à intégrer cette langue dans leurs cursus.

Justice, administration et médias : des chantiers multiples

Les revendications ne se limitent pas au secteur éducatif. Dans le domaine judiciaire, l’organisation exige que l’usage de l’amazigh soit garanti à toutes les étapes des procédures, avec la formation des magistrats et des greffiers. Au Parlement, elle appelle à une interprétation simultanée en amazigh lors des séances plénières et des réunions des commissions. Dans l’administration, elle recommande de corriger les erreurs de traduction sur les panneaux et enseignes, et d’intégrer l’amazigh dans les centres d’appel des services publics ainsi que dans les gares, aéroports et ports.

Les médias publics ne sont pas épargnés : la Ligue demande un renforcement de la présence de l’amazigh dans l’audiovisuel, avec une augmentation du budget et du volume horaire de la chaîne amazighe, ainsi qu’une présence accrue de programmes en amazigh sur les autres chaînes nationales. Elle propose aussi d’intégrer davantage les études amazighes dans la formation dispensée à l’Institut supérieur de l’information et de la communication et appelle à soutenir la création culturelle amazighe au-delà des approches folkloriques.

Sur le plan institutionnel, l’organisation insiste sur l’accélération de la mise en place du Conseil national des langues et de la culture marocaine, ainsi que de l’Académie Mohammed VI de la langue arabe, présentés comme des structures clés pour renforcer la complémentarité entre les deux langues officielles.

Les programmes électoraux de 2026 serviront de premier indicateur pour évaluer l’engagement des partis politiques. La Ligue marocaine de Tamazight compte sur ces élections pour mesurer la capacité des formations à traduire leurs promesses en politiques publiques concrètes, dans un cadre consensuel et en associant les acteurs institutionnels et la société civile.

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