Les commandes industrielles allemandes ont progressé de 2,5 % en juillet, nettement au-dessus des attentes des analystes, confirmant un troisième mois consécutif de hausse et hissant leur volume à son plus haut niveau depuis décembre 2025. Le ministère fédéral de l'Économie attribue ce rebond à une demande intérieure en forte progression et aux achats publics liés à la modernisation de l'armée et des infrastructures.
Une demande intérieure qui change de braquet
Selon les chiffres publiés vendredi par l'office statistique Destatis, les commandes ont augmenté de 2,5 % en juillet en données corrigées des variations saisonnières, là où la plateforme Factset n'attendait qu'une hausse de 0,5 %. Le ministère de l'Économie souligne une « nette augmentation » de la demande intérieure, en hausse de 9,1 %, tendance qu'il qualifie d'orientée à la hausse depuis mai. Le rythme de progression ralentit néanmoins légèrement par rapport à mai, où les commandes avaient bondi de 3,1 %.
La défense et les infrastructures tirent les chiffres
Le gouvernement allemand, qui s'est accordé en 2025 sur un fonds de plusieurs centaines de milliards d'euros destiné à investir dans la défense et les infrastructures vieillissantes, voit ses choix budgétaires se refléter dans les carnets de commandes. Le ministère cite explicitement les achats liés à la modernisation de la Bundeswehr et les commandes associées au fonds spécial pour les infrastructures et la neutralité climatique. Sans ces grosses commandes, le tableau serait pourtant beaucoup moins favorable : hors commandes volumineuses, les commandes à l'industrie ont reculé de 1,4 % sur un mois, et même de 2,2 % en comparaison trimestrielle.
Une croissance portée par des secteurs très concentrés
Le commentateur Jens-Oliver Niklasch, de la banque LBBW, parle de « conjoncture exceptionnelle », relevant que les secteurs de la construction navale, ferroviaire et aéronautique ont enregistré une hausse spectaculaire de 126,4 % sur un mois. En revanche, l'industrie automobile continue de peser sur l'ensemble avec un recul de 12,5 %, signe que la fragilité structurelle du secteur n'est pas effacée par les grands contrats publics. L'enjeu pour les prochains mois sera de savoir si cette embellie se diffuse au-delà des commandes exceptionnelles liées aux programmes de défense et d'infrastructures, ou si le moteur allemand reste dépendant de la commande publique.