Le chancelier allemand Friedrich Merz traverse une période de turbulences politiques majeures à l'approche de scrutins régionaux cruciaux à Berlin et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Confronté à une impopularité record de 88 % et à la progression constante du parti d'extrême droite AfD, le chef du gouvernement voit son autorité contestée au sein même de sa formation, la CDU.
Des scrutins régionaux sous haute tension
Près de 4 millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche. À Berlin, la CDU est au coude-à-coude avec la gauche radicale, tandis que dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti conservateur risque une humiliation historique en frôlant le seuil des 5 % nécessaires pour siéger au Parlement régional. Ces élections interviennent seulement quinze jours après une défaite marquante en Saxe-Anhalt, où l'AfD a su capter une partie de l'électorat conservateur déçu par les alliances de la CDU avec des partis plus à gauche et par sa gestion des questions migratoires.
Un bilan gouvernemental fragilisé
Au pouvoir depuis seize mois, Friedrich Merz peine à convaincre malgré ses promesses de relance économique et de réformes structurelles. Si le chancelier tente de mettre en avant des indicateurs industriels en amélioration et des prévisions de croissance revues à la hausse, son style de gouvernance est vivement critiqué. Les disputes au sein de sa coalition, la lenteur des réformes et une communication jugée professorale ont alimenté un mécontentement profond, poussant certains observateurs à envisager une fin de mandat anticipée.
L'épreuve de vérité pour la CDU
La survie politique de Friedrich Merz dépend désormais de la capacité de la CDU à maintenir son « pare-feu » contre l'extrême droite, une stratégie de plus en plus remise en question par sa propre base électorale. Alors que 55 % des électeurs conservateurs estiment que ce barrage n'est plus pertinent, le chancelier a convoqué une réunion de crise des cadres de son parti pour dimanche soir. Si ce rendez-vous ne débouche pas sur un soutien explicite, sa position à la tête du gouvernement pourrait devenir intenable, malgré les appels à la stabilité lancés par certains dirigeants régionaux conservateurs.