Alioune Tine préconise un Premier ministre issu de la majorité parlementaire pour stabiliser les institutions sénégalaises

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Alioune Tine préconise un Premier ministre issu de la majorité parlementaire pour stabiliser les institutions sénégalaises

Face à la persistance d'un blocage institutionnel inédit entre l'exécutif et le pouvoir législatif, Alioune Tine, fondateur d'Afrikajom Center, appelle à une refonte de la nomination du chef du gouvernement. Il suggère que le Premier ministre soit désormais issu de la majorité parlementaire, une mesure visant à aligner la pratique politique sur la réalité des rapports de force au sein de l'Assemblée nationale.

Une impasse institutionnelle persistante

Le Sénégal traverse une période de tension marquée par une configuration où le gouvernement, minoritaire, se heurte systématiquement à une Assemblée nationale dominée par le Pastef. Ce déséquilibre a conduit à une multiplication des saisines du Conseil constitutionnel pour arbitrer les propositions de loi. Pour Alioune Tine, cette situation contredit le fonctionnement classique d'un régime présidentiel, où l'exécutif et sa majorité parlementaire devraient agir en synergie pour assurer la stabilité du pays.

Le précédent du remaniement de 2026

La réflexion sur la nomination du Premier ministre s'inscrit dans le sillage des événements de mai et juin 2026. Après le départ d'Ousmane Sonko de la Primature et la formation d'un gouvernement sans représentants officiels du Pastef, le pays a vu s'accentuer la fracture entre les institutions. Cette séquence a mis en exergue les limites de l'article 42 de la Constitution, qui confère au chef de l'État la mission de garantir le fonctionnement régulier des institutions, tout en soulignant les risques de crise lorsque les décisions de l'exécutif ignorent la composition réelle de l'hémicycle.

Les failles du cadre électoral

Au-delà du débat sur la Primature, la crise actuelle révèle des zones d'ombre dans le Code électoral sénégalais. Le retour d'Ousmane Sonko à l'Assemblée nationale, suivi de son élection à la présidence de l'institution, a suscité des contestations juridiques sur l'incompatibilité entre les fonctions gouvernementales et le mandat de député. Ce vide juridique favorise des allées et venues entre le gouvernement et le Parlement qui fragilisent la lisibilité de l'action publique.

Un enjeu de répartition des pouvoirs

La proposition d'Alioune Tine dépasse le simple arbitrage politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et ses opposants. Elle pose la question structurelle de la répartition des responsabilités entre les trois piliers du pouvoir. À terme, l'enjeu est de savoir si la Constitution actuelle, dans son application présente, suffit encore à réguler les rapports entre la présidence, le gouvernement et les députés, ou si une clarification institutionnelle profonde est devenue indispensable pour éviter une paralysie durable de l'État.

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