Les aliments de rue, omniprésents en Afrique de l’Ouest, constituent un vecteur majeur de maladies bactériennes, selon un expert de la FAO. Lors d’un atelier dédié à la sécurité sanitaire, les lacunes structurelles et opérationnelles des systèmes de contrôle ont été pointées du doigt, soulignant l’urgence d’agir pour protéger les consommateurs.
Un diagnostic alarmant dans trois pays clés
Un diagnostic mené au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso a révélé quatre problèmes récurrents dans la chaîne de production et de vente des aliments de rue. D’abord, la qualité de l’eau utilisée par les vendeurs est souvent insuffisante, faute d’infrastructures adaptées. Ensuite, les denrées sont exposées en plein air, vulnérables aux intempéries, aux mouches et à d’autres vecteurs de contamination. Par ailleurs, l’identification des acteurs de ce secteur informel s’avère complexe, car ils changent fréquemment de lieu d’exercice. Enfin, l’absence de coordination entre les autorités compétentes limite l’efficacité des contrôles sanitaires.
Les conséquences sanitaires sont préoccupantes : les maladies diarrhéiques d’origine bactérienne, notamment celles causées par les salmonelles et l’Escherichia coli, représentent entre 60 % et 70 % des cas liés à l’alimentation en Afrique de l’Ouest. Ces pathologies pèsent lourdement sur les systèmes de santé et aggravent les inégalités d’accès aux soins.
Renforcer les politiques et les moyens de contrôle
Pour inverser cette tendance, l’expert de la FAO plaide pour une approche multisectorielle. Il recommande aux autorités de définir des politiques publiques claires, s’appuyant sur des objectifs mesurables et un guide d’évaluation des systèmes nationaux. Au Sénégal, la création d’un conseil interministériel dédié à la sécurité sanitaire des aliments est jugée prioritaire. Ce cadre permettrait de coordonner les actions des ministères sectoriels et d’harmoniser les normes.
Le renforcement des moyens de contrôle est également crucial. Cela passe par l’augmentation des ressources humaines, l’amélioration de la logistique et la fourniture de matériel adapté. Un dispositif d’évaluation des risques pourrait identifier les filières les plus critiques et cibler les contaminants à surveiller. Parallèlement, la sensibilisation et la formation des acteurs – vendeurs, transformateurs et consommateurs – sont essentielles pour ancrer les bonnes pratiques. L’expert insiste sur la nécessité de maintenir la chaîne du chaud pour les produits cuits et la chaîne du froid pour les denrées périssables, afin de limiter la prolifération microbienne.