Le milliardaire nigérian Aliko Dangote a proposé aux pays d'Afrique de l'Est d'acquérir 30 % du capital de la future raffinerie de Lamu, au Kenya. Ce projet industriel colossal, évalué entre 15,5 et 16 milliards de dollars, vise à transformer l'autonomie énergétique de la région en misant sur une capacité de traitement de 700 000 barils par jour.
Une stratégie d'intégration régionale du capital
La proposition d'ouverture du capital représente un investissement total en fonds propres d'environ 1,5 milliard de dollars. Le gouvernement kényan, par la voix de son conseiller économique David Ndii, a déjà manifesté son intention de prendre une participation de 10 %, soit un engagement estimé à 500 millions de dollars. L'Éthiopie et le Rwanda figurent également parmi les États ayant exprimé un intérêt pour ce tour de table, bien que les modalités définitives de répartition et de gouvernance restent encore en phase de discussion.
Lamu, pivot du corridor LAPSSET
Le choix de Lamu pour implanter cette infrastructure stratégique s'inscrit dans une volonté de dynamiser le port local et de renforcer le corridor LAPSSET, qui connecte le Kenya, l'Éthiopie et le Soudan du Sud. En réduisant la dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés en provenance de marchés lointains, cette raffinerie ambitionne de sécuriser l'approvisionnement énergétique de tout un bloc régional. La mise en service de cette installation est un enjeu majeur pour la balance commerciale des pays partenaires.
Un déploiement industriel d'envergure continentale
Ce projet kényan constitue la seconde incursion majeure d'Aliko Dangote dans le secteur du raffinage pétrolier, après la mise en service en 2024 du complexe de Lagos au Nigeria, doté d'une capacité de 650 000 barils par jour. Avec une capacité annoncée de 700 000 barils par jour, l'installation de Lamu se positionne comme un outil industriel de premier plan. Le démarrage effectif des travaux, prévu pour octobre 2026, demeure toutefois conditionné à la finalisation du montage financier et à la concrétisation des engagements des États actionnaires.