Le président de Dangote Industries Limited, Aliko Dangote, a récemment mis en lumière les disparités tarifaires du carburant entre le Nigeria et ses voisins immédiats. Selon l'industriel, ces écarts de prix, qui atteignent 30 à 50 % dans certains pays limitrophes, alimentent un marché noir transfrontalier persistant.
L'impact des écarts de prix sur la contrebande
Pour Aliko Dangote, la perception du coût du carburant au Nigeria doit être relativisée par rapport aux réalités du marché régional. Il souligne que le prix à la pompe, bien qu'en hausse, reste nettement inférieur à celui pratiqué chez les voisins, citant notamment le Niger où le litre atteint environ 1 350 nairas. Cette différence de prix crée une incitation économique directe pour les réseaux de contrebande, qui détournent les volumes destinés au marché nigérian vers les zones frontalières pour maximiser leurs marges. Cette dynamique complique la stabilisation de l'approvisionnement intérieur malgré la montée en puissance de la raffinerie Dangote.
Garanties d'approvisionnement face aux tensions mondiales
Interrogé sur les récentes fluctuations des prix à la pompe, qui ont atteint 1 400 nairas à Lagos et 1 450 nairas à Abuja, le dirigeant a tenu à rassurer les consommateurs. Malgré les incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient, qui pourrait peser sur la disponibilité énergétique mondiale, il affirme que la raffinerie Dangote maintiendra ses livraisons prioritaires vers le marché nigérian. L'objectif affiché est d'éviter toute pénurie et de supprimer les files d'attente dans les stations-service, garantissant ainsi une satisfaction continue de la demande nationale.
Défis structurels : politiques publiques et déficit électrique
Au-delà de la question du carburant, Aliko Dangote a identifié deux obstacles majeurs entravant la compétitivité industrielle au Nigeria : l'incohérence des politiques gouvernementales et le déficit chronique d'accès à l'électricité. Le coût élevé des énergies alternatives, comme le diesel, pèse lourdement sur les coûts de production, rendant difficile la rentabilité de secteurs essentiels comme l'agroalimentaire. À l'échelle continentale, l'industriel rappelle que 600 millions d'Africains sont privés d'électricité, une situation qui pousse désormais certains leaders économiques à envisager des initiatives directes pour pallier les carences des infrastructures énergétiques nationales.