Le milliardaire nigérian Aliko Dangote a annoncé, le 29 septembre 2026 à Nairobi, une stratégie ambitieuse visant à transformer le paysage énergétique africain. En lançant la construction d'une raffinerie majeure au Kenya, le groupe Dangote entend réduire la dépendance du continent aux importations de produits pétroliers raffinés d'ici 2030.
Un investissement massif pour la souveraineté énergétique
Le projet, chiffré à 16 milliards de dollars, prévoit l'installation d'une raffinerie à Lamu, sur la côte kényane, dotée d'une capacité de traitement de 700 000 barils de pétrole brut par jour. Cette infrastructure s'inscrit dans une volonté de transformer les ressources sur le sol africain plutôt que de continuer à exporter du brut pour racheter des produits finis à l'étranger. Ce choix stratégique de localisation, au bord de l'océan Indien, bénéficie d'un accès à un port en eaux profondes et s'intègre au corridor LAPSSET, renforçant ainsi le rôle du Kenya comme hub industriel régional.
Répondre à une demande continentale en forte croissance
L'urgence de ce projet est dictée par les projections de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). D'ici 2030, la demande africaine en produits pétroliers raffinés devrait croître de 630 000 barils par jour, auxquels s'ajoutent 230 000 barils quotidiens pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Face à ces besoins croissants pour les transports et l'industrie, le groupe Dangote cherche à structurer une offre locale capable de stabiliser les coûts énergétiques sur le continent.
Les défis logistiques de l'approvisionnement
Malgré l'ampleur de l'investissement, l'équilibre opérationnel de la raffinerie soulève des questions de logistique. La production pétrolière kényane, estimée à 50 000 barils par jour à l'horizon 2032, sera largement insuffisante pour alimenter une installation d'une capacité de 700 000 barils. Le groupe Dangote prévoit donc de diversifier ses sources d'approvisionnement en se tournant vers des producteurs au Moyen-Orient et aux États-Unis. La viabilité à long terme de ce modèle dépendra de la capacité du groupe à sécuriser ces flux internationaux tout en optimisant les coûts de transport vers le marché est-africain.