Trois ans après le coup d'État du 30 août 2023 qui a mis fin à quatorze années de présidence, Ali Bongo Ondimba a rompu son silence. Dans une prise de parole publique, l'ancien chef de l'État a officiellement annoncé qu'il ne se présenterait plus à aucune élection, marquant une étape symbolique dans la recomposition du paysage politique gabonais.
Le retrait de la scène électorale et la transition au PDG
Bien qu'il se retire de la compétition électorale, Ali Bongo conserve son titre de président du Parti démocratique gabonais (PDG). Il affirme désormais vouloir se concentrer sur la transmission du flambeau à une nouvelle génération de cadres. Selon ses déclarations, sa mission actuelle consiste à favoriser l'émergence d'une alternative politique pour le pays, avant de s'effacer définitivement. Cette posture de retrait intervient alors que le Gabon traverse une période de transition dirigée par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema.
Conditions d'un retour et sécurité juridique
Actuellement en exil à l'étranger, l'ancien président conditionne son retour au Gabon à l'établissement de garanties en matière de droit et de sécurité pour lui-même et sa famille. Il a par ailleurs réclamé que la lumière soit faite par les tribunaux sur les accusations pesant contre ses proches, notamment son épouse Sylvia et son fils Noureddin. Il rejette fermement l'idée d'une gouvernance par procuration durant son mandat, insistant sur le fait que les décisions prises après son accident vasculaire cérébral en 2018 lui étaient bien imputables.
Bilan politique et regard sur le putsch
Revenant sur les événements du 30 août 2023, Ali Bongo assure avoir privilégié le calme pour éviter toute effusion de sang. Concernant son bilan à la tête de l'État, il revendique des progrès dans les secteurs des infrastructures et de la préservation environnementale, tout en reconnaissant des échecs structurels. Il cite notamment la persistance du chômage des jeunes, le coût de la vie élevé et la gestion de la dette publique comme des défis majeurs auxquels il n'a pas su apporter de réponses suffisantes. Cette sortie médiatique, à l'approche du troisième anniversaire du changement de régime, souligne la volonté de l'ancien dirigeant de clore un chapitre historique tout en restant une figure observatrice de la vie nationale.