Ali Bongo conteste la stratégie judiciaire de Libreville dans l'affaire des biens mal acquis

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 61 lectures
Ali Bongo conteste la stratégie judiciaire de Libreville dans l'affaire des biens mal acquis

L'ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba est sorti de son silence pour critiquer la stratégie juridique actuelle de Libreville dans le cadre de l'affaire des « biens mal acquis ». Cette intervention marque une rupture avec la ligne adoptée par les autorités de transition, focalisant le débat sur la protection de la mémoire de son père, Omar Bongo Ondimba, plutôt que sur les enjeux patrimoniaux de la procédure.

Une divergence sur la stratégie judiciaire

Le différend porte sur les observations transmises par l'État gabonais à la justice française. Si Ali Bongo affirme ne pas contester le principe du débat judiciaire, il dénonce une atteinte à l'honneur de son père, décédé en 2009. Cette position est partagée par certains anciens cadres de son régime, à l'instar d'Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Le point de bascule réside dans le changement de ton de la procédure : alors que le Gabon s'était constitué partie civile en mars 2023 sous la présidence d'Ali Bongo dans une optique de protection des intérêts patrimoniaux de l'État, les nouvelles observations semblent avoir pris une orientation différente, jugée inacceptable par l'ancien chef de l'État.

La réplique des autorités actuelles

La sortie médiatique d'Ali Bongo a provoqué une réponse immédiate de Serge Abessolo. Ce dernier a fermement rejeté les arguments de l'ancien président, soulignant que la défense de la mémoire d'un prédécesseur se mesure aux actes posés durant l'exercice du pouvoir. Cette confrontation verbale illustre les tensions persistantes autour de l'héritage politique et familial des Bongo, dans un contexte où l'ancien dirigeant multiplie les prises de parole depuis sa chute en août 2023.

Un dossier judiciaire vieux de quinze ans

L'affaire des « biens mal acquis », initiée en 2010 par les ONG Sherpa et Transparency International, vise les familles Bongo, Sassou Nguesso et Obiang. Si le volet concernant la Guinée équatoriale a abouti à une condamnation définitive en 2021, les procédures visant le Gabon et le Congo-Brazzaville demeurent en phase d'instruction. La persistance de ce dossier, quinze ans après son ouverture, continue d'influencer les relations politiques internes au Gabon, ravivant régulièrement les débats sur la gestion du patrimoine familial et les responsabilités liées à l'exercice du pouvoir d'État.

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