Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé son intention de réintroduire la peine de mort pour les auteurs d'incendies volontaires, alors que plusieurs feux ont coûté la vie à au moins douze personnes fin août. La déclaration relance frontalement la question du moratoire appliqué par l'Algérie depuis plus de trois décennies.
Un deuil national et des feux massifs
Les incendies qui ont touché plusieurs régions d'Algérie à la fin du mois d'août ont provoqué la mort d'au moins douze personnes. Face à l'ampleur du sinistre, la question de l'origine criminelle de certains départs de feu s'est imposée dans le débat public, poussant l'exécutif à réagir.
L'annonce présidentielle du 30 août
Dimanche 30 août, le chef de l'État a déclaré vouloir « rétablir au plus vite » la peine capitale contre les pyromanes. Cette prise de position, formulée en pleine séquence émotionnelle, dépasse le cadre opérationnel de la lutte contre les feux de forêt : elle touche à un choix de politique pénale et à la place de la peine de mort dans le droit algérien.
Un moratoire en place depuis 1993
LAlgérie applique un moratoire de fait sur la peine capitale depuis 1993. Aucune exécution n'a eu lieu depuis cette date, bien que les tribunaux continuent, en théorie, à prononcer des condamnations à mort. Toute réintroduction effective supposerait une modification législative ou constitutionnelle et soulèverait des objections attendues sur la scène internationale, l'Algérie étant signataire de engagements régionaux en matière de droits humains.
Un signal politique à double lecture
Pour le gouvernement, l'enjeu immédiat est de répondre à la colère de l'opinion et de dissuader les comportements criminels lors de la saison des feux. Pour les organisations de défense des droits, une telle initiative marquerait un recul par rapport aux engagements internationaux du pays. La portée concrète de l'annonce — texte déposé, calendrier, catégories d'infractions visées — reste à préciser dans les prochains jours.