Algérie : pourquoi les prix de l'eau minérale s'envolent malgré les tarifs d'usine

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 63 lectures
Algérie : pourquoi les prix de l'eau minérale s'envolent malgré les tarifs d'usine

Le marché algérien de l'eau minérale fait face à une tension inflationniste marquée, avec des hausses atteignant jusqu'à 30 dinars par unité dans certains points de vente. Si les producteurs justifient une légère révision tarifaire par l'envolée des coûts des matières premières, les consommateurs subissent des prix finaux bien supérieurs aux recommandations de la filière.

L'impact du coût des emballages plastiques

Au cœur de cette problématique se trouve le prix du polyéthylène téréphtalate (PET), composant essentiel à la fabrication des bouteilles. Selon l'Association des producteurs algériens de boissons (APAB), le coût de cette matière première a bondi de 45 %, passant de 960 à 1 400 dollars la tonne. Le polyéthylène haute densité (PEHD), utilisé pour les bouchons, a également subi une augmentation de 33 %. Ces matériaux représentant environ 43 % du coût de revient total, les industriels ont été contraints de répercuter ces charges sur leurs tarifs de sortie d'usine.

Le décalage entre usine et commerce de détail

Alors que l'APAB assure que la hausse à la sortie d'usine pour une bouteille de 1,5 litre se limite en moyenne à 2 dinars, la réalité sur le terrain est tout autre. L'association préconise un prix de vente pour un fardeau de six bouteilles compris entre 240 et 250 dinars. Pourtant, les consommateurs font face à des augmentations allant jusqu'à 30 dinars par fardeau. L'APAB précise que les producteurs n'ont aucun pouvoir de contrôle sur les marges appliquées par les intermédiaires et les détaillants, pointant ainsi du doigt les politiques commerciales des acteurs de la distribution.

Vers une normalisation des tarifs

L'organisation de défense du consommateur « Himayatec », par la voix de son président Mohamed Aïssaoui, attribue cette instabilité à un contexte géopolitique complexe ayant déstabilisé les cours mondiaux des matières plastiques. L'association qualifie cette situation de conjoncturelle et appelle à un retour aux tarifs antérieurs dès que les conditions de marché se stabiliseront. Ce point reste à surveiller, alors que les citoyens continuent de subir des écarts de prix significatifs, illustrant la difficulté de réguler la chaîne de distribution face à la volatilité des coûts de production.

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