Le marché informel des devises en Algérie enregistre une dynamique nouvelle cette semaine, caractérisée par une dépréciation de l'euro face au dinar et une appréciation marquée du dollar américain. Ce réajustement des cours reflète une évolution des flux financiers et des besoins en devises étrangères au sein de l'économie réelle.
Le recul de l'euro face au dinar
La monnaie européenne, qui s'échangeait à 277 dinars en début de semaine, a progressivement fléchi pour atteindre 275 dinars à la vente ce mercredi 28 octobre. Ce repli marque une rupture avec la stabilité observée durant la période automnale. Les analystes du marché informel attribuent cette baisse à la fin de la saison estivale, marquée par une diminution des transferts de fonds en provenance de la diaspora algérienne, réduisant ainsi la pression sur la demande de monnaie locale.
La montée en puissance du dollar américain
À l'inverse de l'euro, le billet vert affiche une tendance haussière, atteignant 242 dinars à la vente. Ce niveau constitue un sommet inédit depuis plusieurs mois, le dollar ayant stagné autour de 238 dinars durant le mois de septembre et la première moitié d'octobre. Cette progression est portée par une demande accrue liée aux paiements internationaux, aux achats en ligne et aux besoins spécifiques de certaines filières d'importation, qui privilégient de plus en plus la devise américaine.
Diversité des cotations et disparités régionales
Le paysage des changes informels reste dominé par la livre sterling, qui demeure la devise la plus onéreuse avec un cours de 316 dinars à la vente, suivie par le franc suisse. Le dollar canadien, quant à lui, se maintient autour de 171 à 173 dinars, soutenu par les flux liés aux projets d'immigration. Par ailleurs, des devises comme le riyal saoudien, le yuan chinois et la lire turque continuent de répondre à des besoins spécifiques, qu'il s'agisse de pèlerinages ou d'échanges commerciaux avec l'Asie et la Turquie.
Il est important de noter que ces taux ne sont pas uniformes sur l'ensemble du territoire. Les tarifs pratiqués varient significativement selon les villes, comme Alger, Oran ou Constantine, et dépendent étroitement du volume des transactions. Les cambistes ajustent en effet leurs marges en fonction de l'importance des sommes échangées, rendant le marché informel particulièrement sensible aux fluctuations de la demande locale.