Algérie : le FMI anticipe une érosion continue des réserves de change d'ici 2031

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Algérie : le FMI anticipe une érosion continue des réserves de change d'ici 2031

Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une trajectoire baissière des réserves officielles de change de l'Algérie pour les six prochaines années. Selon les projections publiées à l'issue des consultations annuelles de septembre 2026, ces réserves pourraient chuter de 51 milliards de dollars fin 2025 à 19,8 milliards en 2031, marquant un recul significatif de 61 %.

Une érosion structurelle des comptes extérieurs

La dégradation des réserves est principalement corrélée à la persistance des déficits extérieurs et budgétaires. En 2025, le déficit des transactions courantes a atteint 8,9 % du PIB, contre 1,1 % l'année précédente, sous l'effet conjugué d'une hausse des importations et d'un repli des exportations d'hydrocarbures. Bien que la croissance du PIB réel se soit maintenue à 3,9 % en 2025, portée par un investissement soutenu, l'institution financière souligne que cette dynamique masque une fragilisation des amortisseurs financiers du pays.

La dépendance aux cours des hydrocarbures

Si la remontée des prix du baril en 2026 — projetée à 92,6 dollars — offre un répit temporaire, le FMI estime que cet effet sera insuffisant pour inverser la tendance à moyen terme. Avec des projections de prix du baril plus modérées pour les années suivantes, le déficit courant devrait se maintenir, entraînant une réduction constante des réserves. À l'horizon 2031, la couverture des importations ne représenterait plus que 3,3 mois, contre 8,6 mois en 2025.

Le recours croissant au financement monétaire

Le rapport pointe également une pression accrue sur les finances publiques. L'État sollicite de plus en plus la Banque d'Algérie pour couvrir son déficit budgétaire, dont le financement direct passerait de 3,7 % du PIB en 2025 à 5,5 % en 2026. Cette situation s'accompagne d'une hausse de la dette publique, projetée à 60,4 % du PIB en 2027, et d'une inflation qui a atteint 5,2 % en avril 2026, rompant avec la période de déflation précédente.

Les leviers de redressement préconisés

Face à ce scénario, les administrateurs du FMI recommandent une consolidation budgétaire progressive et crédible. L'institution préconise de limiter le recours au financement monétaire de la Banque d'Algérie aux seules circonstances exceptionnelles et suggère une plus grande flexibilité du taux de change. L'objectif affiché est double : mieux absorber les chocs extérieurs et réduire l'écart persistant entre le taux officiel et celui du marché parallèle, tout en maintenant une politique monétaire vigilante face aux pressions inflationnistes.

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