Le Sénégal a officialisé, à Alger, un partenariat avec l’Algérie pour exploiter ses réserves de gaz dans la production d’électricité. Le mémorandum d’entente signé entre Sonelgaz et Senelec vise à structurer une coopération énergétique qui pourrait transformer le paysage énergétique du pays d’ici 2050.
Signature du mémorandum et acteurs clés
Le 27 avril 2024, les ministres de l’Énergie des deux pays, Mourad Adjal (Algérie) et El Hadji Abdourahmane Diouf (Sénégal), ont supervisé la signature du protocole d’accord à Alger. L’entente engage Sonelgaz, le groupe public algérien, à mettre à disposition son savoir‑faire technique et managérial, tandis que Senelec, l’opérateur sénégalais, assure la mise en œuvre locale. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de renforcement des liens Sud‑Sud, où les deux États cherchent à mutualiser leurs ressources humaines et institutionnelles.
Objectifs du programme « Gas to Power » sénégalais
Le projet « Gas to Power » repose sur la conversion du gaz naturel en énergie électrique, une solution jugée plus fiable et moins coûteuse que les énergies fossiles importées. Le Sénégal, qui ambitionne un accès universel à l’électricité dans le cadre de la vision « Sénégal 2050 », compte sur l’expertise algérienne pour surmonter les défis liés à la gouvernance des réseaux et à la régulation du secteur. Les deux parties ont convenu d’un accompagnement technique couvrant la planification, la construction, l’exploitation et la maintenance des installations gazières.
Déploiement concret : pipelines et centrales prévues
Parallèlement à l’accord, le Sénégal a lancé en septembre 2026 la pose de la première canalisation du segment Nord de son réseau gazier, à Gandon, sur une distance d’environ 85 kilomètres. Cette infrastructure constitue le socle physique nécessaire à l’alimentation des futures centrales électriques. Les discussions portent déjà sur la localisation de plusieurs unités de production, dont une première centrale gaz‑turbine prévue d’ici 2028, qui devrait contribuer de façon significative à la capacité installée du pays.
Perspectives de coopération au-delà de l’électricité
Le cadre de coopération ne se limite pas à la production d’électricité. Les signataires ont évoqué la possibilité d’étendre le partenariat aux secteurs du gaz naturel et du pétrole, ouvrant la porte à des projets de valorisation du gaz de champ, de liquéfaction ou de distribution industrielle. Si les premiers résultats concrets sont atteints rapidement, l’initiative pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains désireux de développer leurs propres filières énergétiques en s’appuyant sur l’expérience des entreprises publiques algériennes.