Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a lancé la révision du Code pénal afin de rétablir l’exécution de la peine de mort contre les pyromanes, suite aux incendies meurtriers qui ont frappé l’est du pays. Le Conseil des ministres doit statuer sur le texte avant le 15 septembre, marquant une possible rupture avec le moratoire de 1993.
Un revirement législatif après les incendies de Jijel
Les incendies du mercredi précédent, qui ont fait de nombreuses victimes dans la wilaya de Jijel et dans d’autres régions de l’est et du centre, ont déclenché une réaction politique forte. Le président Tebboune a, dans un communiqué, confié au ministre de la Justice la mission de réviser le Code pénal pour y réintégrer la peine capitale, spécifiquement pour les actes d’incendie volontaire. Cette décision intervient cinq jours après les drames, soulignant la volonté d’associer la sévérité juridique à la prévention des pyromanies.
Calendrier serré et procédure du Conseil des ministres
Le projet de révision sera examiné lors du premier Conseil des ministres de septembre, présidé par le chef de l’État. Le communiqué officiel indique que le texte doit être finalisé au plus tard le 15 septembre, laissant peu de temps aux débats parlementaires et aux éventuelles consultations publiques. Si le projet est adopté, il mettra fin à un moratoire de trente ans sur les exécutions, en vigueur depuis 1993.
Autres priorités du même Conseil des ministres
Outre la question pénale, le même rassemblement ministériel abordera la préparation de la rentrée scolaire 2026‑2027 et l’avancement de plusieurs projets d’infrastructure stratégique. Parmi ceux‑ci figurent la ligne ferroviaire minière reliant Bled El Hadba à Oued El Kebrit et au port d’Annaba, le quai minier de l’extension du port d’Annaba, ainsi que deux nouvelles lignes ferroviaires destinées à relier El Ménéa à In Salah‑Tamanrasset et Ouargla à Hassi Messaoud. Ces dossiers illustrent la double ambition du gouvernement : renforcer la sécurité intérieure tout en stimulant le développement économique.
Enjeux et perspectives pour le système judiciaire algérien
Le rétablissement de la peine de mort soulève des questions de conformité avec les engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains. Le texte devra également préciser les procédures d’application, les garanties de procès équitable et les modalités d’exécution. Au-delà du débat juridique, la mesure pourrait influencer la perception de la sécurité publique, notamment dans les zones rurales où les incendies criminels sont fréquents.