Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu, en l’espace de quelques jours, les Premiers ministres du Niger et du Mali, marquant une accélération des relations entre Alger et les juntes militaires au pouvoir à Niamey et Bamako. Ces visites, perçues comme un signal fort de rapprochement, s’inscrivent dans un contexte où l’Algérie cherche à renforcer son influence dans l’espace sahélo-saharien, face à la montée des tensions avec les puissances occidentales.
Une diplomatie africaine en pleine recomposition
La visite du Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine, achevée le 27 août 2026, a permis de faire le point sur les projets communs entre les deux pays. Après des échanges avec le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb et plusieurs ministres sectoriels, Zeine a été reçu par Tebboune pour évoquer l’avancement des collaborations économiques et sécuritaires. Cette rencontre succède à celle, quelques jours plus tôt, du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga, confirmant une volonté algérienne de consolider ses partenariats avec les régimes de transition au Sahel.
Projets communs et enjeux économiques
Les discussions ont porté sur des dossiers concrets, notamment les infrastructures énergétiques et les échanges commerciaux. L’Algérie, premier producteur de gaz en Afrique, pourrait renforcer ses exportations vers le Niger et le Mali, deux pays en quête d’autonomie énergétique. Les projets agricoles et miniers, ainsi que les questions de sécurité transfrontalière, ont également été abordés. Ces initiatives s’ajoutent aux accords déjà signés dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont l’Algérie est un partenaire clé.
Un positionnement face aux tensions régionales
Ces rapprochements diplomatiques surviennent alors que l’Algérie renforce ses liens avec les juntes du Sahel, en opposition aux pressions exercées par les anciennes puissances coloniales. Alger mise sur une politique panafricaine indépendante, privilégiant les échanges Sud-Sud et les alliances régionales. La visite de Zeine et Maïga pourrait ainsi préfigurer une coordination accrue au sein de l’AES, notamment sur les questions de sécurité et de souveraineté économique.