Alger distancie Brahim Ghali : le soutien politique au Polisario s’effrite-t-il ?

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Alger distancie Brahim Ghali : le soutien politique au Polisario s’effrite-t-il ?

L’absence remarquée des plus hauts responsables algériens lors de la clôture de l’université d’été du Polisario à Boumerdès, du 11 au 20 août, contraste avec le soutien affiché de l’Algérie envers le mouvement séparatiste. Une réception discrète, voire minimaliste, qui interroge sur l’évolution des relations entre Alger et Brahim Ghali.

Une cérémonie de clôture sans les dirigeants algériens

Pour la deuxième année consécutive, aucun membre du gouvernement ou du Parlement algérien n’a assisté à l’ouverture ou à la clôture de l’université d’été du Polisario. Seule la wali de Boumerdès, Fouzia Naâma, a représenté officiellement l’État algérien lors de ces deux moments clés. Brahim Ghali, chef du Front séparatiste, a même été absent de la cérémonie de clôture, remplacé par Bouchraya Bayoune, présenté comme son « Premier ministre ».

Cette absence de représentation de haut niveau tranche avec les années précédentes, où Alger affichait une proximité institutionnelle avec le Polisario. Pourtant, Brahim Ghali a maintenu un discours élogieux envers l’Algérie lors de son intervention, réaffirmant l’alignement du mouvement sur la position algérienne concernant le Sahara occidental.

Un accueil protocolaire en demi-teinte

Le déplacement de Brahim Ghali entre Alger et Tindouf a également révélé une réalité éloignée des égards protocolaires habituellement réservés à un dirigeant présenté comme chef d’une « entité étatique ». Des images diffusées par des dissidents du Polisario montrent Ghali voyageant en classe économique à bord d’un vol commercial, avec des difficultés pour trouver son siège, avant qu’un passager ne lui cède la place.

Cette scène, bien que symbolique, illustre une distance concrète entre le discours politique et les actes. Elle s’ajoute à l’absence de réception officielle à Alger, où aucun responsable de premier plan ne s’est affiché aux côtés du chef séparatiste, contrairement aux années précédentes.

Un changement de posture progressif ?

Cette discrétion n’est pas isolée. En 2025, l’ouverture de l’université d’été s’était déjà déroulée sans la présence de hauts responsables algériens, la représentation se limitant à une intervention à distance de Saïd Ayachi, président du « Comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui ». Une répétition qui suggère une évolution dans la gestion des relations entre Alger et le Polisario.

Pourtant, l’Algérie reste le principal soutien politique du mouvement séparatiste. Le maintien de ce soutien, malgré un traitement protocolaire en retrait, pourrait indiquer une stratégie plus pragmatique, où le soutien politique ne s’accompagne plus nécessairement d’un affichage public ostentatoire. Une nuance qui mérite d’être suivie, alors que les tensions régionales et les enjeux géopolitiques évoluent.

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