Le chef de la minorité au Parlement ghanéen, Alexander Afenyo-Markin, a publiquement mis en cause les méthodes du gouvernement actuel, accusé d'instrumentaliser les institutions de contrôle pour affaiblir ses opposants. Cette dénonciation souligne une tension croissante entre l'exécutif et les élus, menaçant la sérénité des débats démocratiques au sein de l'hémicycle.
Des enquêtes perçues comme des outils de pression
Selon Alexander Afenyo-Markin, plusieurs députés du NPP font l'objet d'investigations basées sur des allégations qu'il juge infondées ou disproportionnées. Ces procédures, menées notamment par le Bureau des enquêtes nationales (BNI), créeraient un climat de peur au sein de la classe politique. Le leader de la minorité rapporte que certains parlementaires hésiteraient désormais à s'exprimer librement lors des séances, craignant des représailles immédiates sous forme de convocations judiciaires ou sécuritaires.
Un risque pour le débat parlementaire
L'impact de cette stratégie dépasserait le cadre individuel pour affecter le fonctionnement même du Parlement. Afenyo-Markin a cité le cas d'un député ayant renoncé à une intervention prévue après avoir été sommé de se présenter devant le BNI. Pour le chef de la minorité, cette pratique constitue une entrave directe à l'exercice du mandat législatif. Il affirme avoir alerté plusieurs membres haut placés du gouvernement sur les risques de ces « excès » dans la gestion des dossiers de redevabilité.
Détournement des enjeux économiques
Au-delà de l'intimidation, le leader de l'opposition voit dans ces manœuvres une stratégie de diversion. Il soutient que le gouvernement cherche à masquer ses propres difficultés de gestion économique en focalisant l'attention publique sur des accusations de corruption visant ses adversaires. Tout en réaffirmant que son parti n'est pas opposé au principe de redevabilité, il met en garde contre une dérive vers une politique de représailles systématiques.
L'appel à une gouvernance apaisée
Afenyo-Markin insiste sur la nécessité de restaurer un climat politique plus constructif. Il exhorte l'exécutif à se concentrer sur son mandat principal, à savoir la résolution des défis économiques du pays, plutôt que de faire de l'opposition une cible permanente. Cette mise en garde souligne une crainte majeure : celle de voir le Ghana s'enfermer dans un cycle de vengeance politique où chaque alternance devient le prétexte à une traque judiciaire des anciens dirigeants, au détriment de l'intérêt général.