Le dirigeant de Palantir, Alex Karp, a vivement critiqué la décision de la France de se détourner de ses services pour le renseignement intérieur au profit d'acteurs nationaux. Selon lui, cette stratégie d'autonomie affichée repose sur une méconnaissance technique des enjeux liés à l'intelligence artificielle.
La critique d'une souveraineté de façade
En juin dernier, le gouvernement français a annoncé son intention de remplacer les logiciels d'analyse de données de Palantir, utilisés par la DGSI depuis 2016, par les solutions de l'entreprise française ChapsVision. L'objectif affiché est de renforcer l'autonomie stratégique du pays. Pour Alex Karp, cette démarche est contre-productive : il estime que confier ces missions à des intermédiaires français utilisant des modèles d'IA américains ou chinois sans maîtrise réelle de la couche applicative constitue une protection illusoire, qu'il qualifie de risque technique majeur.
Le débat sur la dépendance technologique
Cette tension s'inscrit dans un contexte plus large d'inquiétudes européennes face à la dépendance aux technologies d'outre-Atlantique. La décision française faisait suite à des restrictions imposées par l'administration américaine sur l'accès aux modèles d'IA les plus puissants pour les ressortissants étrangers. Si le patron de Palantir reconnaît l'existence d'inquiétudes légitimes concernant l'IA, il déplore que les décisions politiques soient, selon lui, guidées par la peur plutôt que par une compréhension approfondie des réalités techniques.
Une vision divergente sur la régulation
Alex Karp, dont l'entreprise maintient un contrat avec la France jusqu'en 2028, plaide pour un environnement réglementaire qui favorise le développement technologique plutôt que de le freiner. Il soutient que la France, qu'il considère comme le pays culturellement le plus important d'Europe, risque de se porter préjudice en privilégiant une approche protectionniste qui ne garantit pas, selon ses dires, une réelle indépendance face aux modèles fermés étrangers. Il insiste sur la nécessité d'une régulation qui aide réellement les États à maîtriser leurs outils numériques sans tomber dans l'alarmisme.