Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, a officiellement écarté toute intention de se présenter à la présidence de la FIFA lors du prochain Congrès prévu en mars 2027. Cette décision intervient dans un contexte de crise profonde pour l'instance dirigeante mondiale du football, marquée par une défiance croissante envers Gianni Infantino après l'échec d'un projet controversé de privatisation des droits commerciaux de la FIFA.
Le retrait stratégique de Ceferin
Aleksander Ceferin, âgé de 57 ans, a justifié son refus de briguer le poste par un attachement personnel à ses fonctions actuelles au sein de l'UEFA et par une volonté de préserver sa crédibilité. Selon lui, son influence est renforcée par le fait qu'il ne convoite pas le siège de son homologue suisse. Malgré ce retrait, le dirigeant européen anticipe une élection disputée en mars, estimant que Gianni Infantino pourrait soit démissionner face à l'érosion de ses soutiens, soit faire face à un candidat adverse déterminé.
La rupture sur le projet FFE
La tension entre les deux instances a atteint un point critique avec le projet « Fifa Forward Enterprise » (FFE), une initiative visant à céder 21 % des droits commerciaux et de billetterie de la FIFA à des investisseurs privés. Qualifiant cette manœuvre de « pire que la Super League », Ceferin a dénoncé une tentative de « vendre le football ». Cette opposition frontale a conduit l'UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique de football à publier une lettre ouverte accusant Gianni Infantino de tromperie, entraînant le retrait du soutien de plusieurs fédérations nationales, notamment britanniques.
Une gouvernance sous pression
La position de Gianni Infantino est également fragilisée par des controverses liées à l'ingérence politique. Aleksander Ceferin a vivement critiqué l'intervention du président américain Donald Trump dans une décision disciplinaire concernant l'attaquant Folarin Balogun, qualifiant l'épisode de « choquant » pour l'intégrité des règles du jeu. Si le président de la FIFA conserve encore l'appui de la Conmebol et de la CAF, sa capacité à maintenir une autorité indépendante est désormais ouvertement remise en question par une large partie de la communauté du football, incluant joueurs, entraîneurs et instances dirigeantes.