Lors d'une interview diffusée sur Europe 1 et Cnews le 29 octobre 2026, le professeur de criminologie Alain Bauer a dénoncé une "omerta" autour de l'inceste en France, rappelant que 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles. Son propos met en lumière des défaillances institutionnelles qui, selon lui, entravent la protection des mineurs.
Un appel du terrain criminologique
Alain Bauer, enseignant au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et auteur du livre "Il faut sauver nos enfants", a profité de l'émission "La Grande Interview" animée par Laurence Ferrari pour exposer les lacunes du système français face à la pédocriminalité. Son expertise, issue de décennies d'études criminologiques, lui permet d'identifier des carences structurelles dans la prise en charge des victimes d'inceste.
Statistiques alarmantes et culture du déni
Le criminologue rappelle que chaque année, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles, un chiffre qui, selon lui, reste largement sous‑exposé. Il décrit une "culture du déni" qui empêche le débat public et la mise en œuvre de réponses adéquates. Cette omerta, selon Bauer, se traduit par un manque de visibilité des faits et une réticence des institutions à reconnaître l'ampleur du problème.
Conséquences pour les politiques publiques
En soulignant ces manquements, Bauer invite les décideurs à réexaminer les dispositifs de prévention, d'alerte et d'accompagnement des victimes. Il suggère que l'absence de reconnaissance officielle de l'inceste freine l'élaboration de mesures ciblées, notamment en matière de formation des professionnels de santé, d'éducation à la protection de l'enfance et de coordination entre les services sociaux et judiciaires. Bien que l'interview ne détaille pas de propositions concrètes, l'analyse du professeur ouvre la voie à un débat sur la nécessité de réformer les cadres législatifs et opérationnels.
Vers une prise de conscience collective
Le témoignage d'Alain Bauer, relayé par deux grandes chaînes d'information, vise à rompre le silence qui entoure la pédocriminalité. En mettant en avant le nombre de victimes et la notion d'omerta, il cherche à mobiliser l'opinion publique et les acteurs institutionnels autour d'une urgence sociétale : protéger les enfants et garantir que chaque cas d'inceste soit traité avec la gravité requise. La suite de ce débat dépendra de la capacité des autorités à traduire ces constats en actions concrètes.