La nomination d'Affi Agbenyo au poste de vice-présidente de la Commission électorale (EC) du Ghana cristallise les tensions politiques. Akosua Manu, conseillère spéciale auprès de l'ancien vice-président Mahamudu Bawumia, accuse le Congrès national démocratique (NDC) de renier ses principes fondamentaux en installant une figure ouvertement militante à la tête de l'institution chargée de garantir l'impartialité des scrutins.
Une contradiction avec les positions passées du NDC
Akosua Manu souligne une rupture flagrante entre le discours tenu par le NDC lorsqu'il était dans l'opposition et ses actions actuelles. À l'époque, le parti avait qualifié d'« indécente » et d'« abus de pouvoir » la nomination de Jean Mensa à la tête de l'EC, arguant que ses liens supposés avec le Nouveau Parti patriotique (NPP) compromettaient l'indépendance de l'organe électoral. Selon Mme Manu, le NDC, en portant aujourd'hui une militante active à un poste clé, contredit sa propre rhétorique sur la nécessité de préserver l'intégrité des institutions contre toute influence partisane.
La question de l'activisme politique au sein de l'institution
Le débat ne porte pas uniquement sur l'appartenance politique, mais sur le profil d'Affi Agbenyo. Akosua Manu affirme que la nouvelle vice-présidente n'est pas une simple sympathisante, mais une militante dont les interventions publiques et les engagements passés sont documentés. Cette nomination soulève, selon elle, des interrogations légitimes sur sa capacité à agir sans biais politique. Elle rappelle que le président John Mahama avait lui-même insisté, lors de l'assermentation des nouveaux membres, sur le devoir de loyauté envers la République et sur l'obligation de neutralité, une exigence qui semble désormais mise à mal par le choix de cette nomination.
L'exigence de transparence sur le processus de nomination
Au-delà de la critique politique, Akosua Manu pointe un manque de clarté sur le rôle du Conseil d'État dans ce processus. Elle s'interroge sur les consultations qui ont précédé cette décision et sur la position réelle de cette instance consultative. Pour la conseillère, cette situation est révélatrice d'un manque de cohérence dans l'agenda de « réinitialisation » des institutions publiques promis par le gouvernement actuel. Elle estime que le parti au pouvoir ne peut se justifier en invoquant des précédents, sous peine de trahir la confiance des citoyens qui avaient adhéré à son discours sur la moralisation de la vie publique.