Face à la recrudescence des décès liés à la grossesse et à l'accouchement, Akosua Manu, conseillère en protection sociale, presse les autorités ghanéennes de placer la mortalité maternelle au rang des urgences nationales. Elle réclame une enquête parlementaire bipartisane pour identifier les défaillances structurelles du système de santé et garantir une réponse coordonnée.
Un bilan humain alarmant en 2025
La situation sanitaire au Ghana suscite une vive inquiétude après la publication de données révélant que 965 femmes ont perdu la vie en raison de complications liées à la grossesse au cours de l'année 2025. Ce chiffre, cité par Akosua Manu, souligne l'ampleur d'une crise silencieuse qui frappe les familles et les communautés à travers tout le pays. Le décès récent d'une patiente au Ridge Hospital a servi de catalyseur à cet appel, rappelant que ces pertes humaines, souvent évitables, marquent durablement le tissu social.
Exigence de transparence et d'enquête parlementaire
Pour Akosua Manu, il est impératif que le Parlement ghanéen se saisisse du dossier via une commission d'enquête dédiée. L'objectif est de mener un examen rigoureux des facteurs critiques qui entravent la survie des mères. Cette investigation devrait se concentrer sur plusieurs piliers : la disponibilité des produits sanguins, l'efficacité des systèmes de référence, les délais de prise en charge en urgence obstétricale, ainsi que les conditions de travail et les effectifs au sein des établissements hospitaliers.
Vers une obligation de résultats
Au-delà de l'analyse, la conseillère insiste sur la nécessité d'une rupture avec les pratiques administratives passées. Elle rejette l'idée d'un rapport qui resterait sans suite, exigeant au contraire des recommandations assorties de calendriers précis et d'un mécanisme de responsabilité pour les décideurs. Selon elle, la réduction de la mortalité maternelle ne dépend pas seulement de la volonté politique, mais d'une gestion délibérée et systématique des ressources de santé. Le plaidoyer vise à transformer l'accouchement, qui doit redevenir un moment de célébration plutôt qu'une source de deuil évitable, en renforçant durablement les capacités du système de santé national.