Akissa, la boîte à histoires qui réinvente les contes africains pour les enfants

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Akissa, la boîte à histoires qui réinvente les contes africains pour les enfants

À Abidjan, une entreprise locale mise sur l’oralité pour redonner aux enfants le goût des récits traditionnels, tout en luttant contre la surexposition aux écrans. Akissa, une boîte à histoires audio, propose des contes et légendes africains adaptés aux plus jeunes, transformant le rituel du coucher en moment d’apprentissage et de partage familial. Une initiative qui répond à un double enjeu : préserver un patrimoine culturel et offrir une alternative éducative aux contenus numériques.

Un rituel familial face à l’hégémonie des écrans

Dans les foyers ivoiriens, le soir est désormais rythmé par une nouvelle tradition : l’écoute collective des contes d’Akissa. Contrairement aux écrans, qui captent souvent l’attention des enfants de manière passive, cette boîte à histoires mise sur l’interaction. Les parents, souvent débordés, y voient un outil pour remplacer – ou compléter – leur propre narration. « L’appareil raconte, mais on fait aussi un suivi en demandant aux enfants ce qu’ils ont retenu ou appris », explique Marceline, mère de famille. Les récits, inspirés du patrimoine africain, s’accompagnent de leçons de morale, renforçant leur dimension éducative.

Des histoires « sans effets spéciaux » pour une immersion authentique

L’idée d’Akissa est née d’une frustration. Honoré Essoh, son fondateur, a cherché en vain une boîte à histoires locale pour sa nièce, ne trouvant que des contenus étrangers. Il a alors décidé de créer sa propre solution, en s’appuyant sur des textes écrits par des auteurs africains. « On a volontairement limité les effets spéciaux pour recréer l’atmosphère d’un parent lisant une histoire à son enfant », précise-t-il. Avec une quarantaine de récits disponibles, Akissa propose aussi des comptines en langues locales comme le malinké, le yacouba ou le peul, élargissant ainsi son accessibilité.

Le conte, un outil de transmission et de critique sociale

Pour le conteur Koami Vignon, les contes africains ne se limitent pas à distraire : ils instruisent et questionnent. « Pourquoi le ciel est-il haut ? Pourquoi la hyène a-t-elle l’arrière-train affaissé ? » Ces récits, transmis oralement depuis des générations, expliquent le monde et ses mystères. Ils servent aussi de vecteur pour aborder des sujets sensibles, comme les dérives du pouvoir ou les injustices sociales. « Le conteur est le gardien d’une mémoire collective », souligne-t-il. Akissa s’inscrit dans cette lignée en modernisant l’accès à ces récits, tout en maintenant leur fonction première : éduquer et éveiller l’esprit critique.

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