Lors d'un meeting du RNI à Aïn El-Jouhara, dans la province de Khémisset, le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch a défendu le recours sans précédent aux importations de moutons, imposé selon lui par plusieurs années de sécheresse sévère. Il a également annoncé que les ministres étaient prêts à comparaître devant une commission parlementaire d'enquête sur ce dossier sensible.
La sécheresse comme contexte « exceptionnel »
Akhhannouch a rejeté les critiques formulées à l'encontre de la politique d'importation de moutons, estimant que la polémique faisait abstraction des conditions climatiques et agricoles difficiles traversées par le Maroc. Il a rappelé qu'à l'approche de l'Aïd Al-Adha, il y a deux ans, le gouvernement n'avait eu que deux options : renoncer à la célébration du rite ou importer des moutons depuis l'étranger, le Maroc n'ayant jamais eu recours à cette pratique auparavant.
Selon les chiffres présentés par le responsable politique, cette opération a permis d'introduire près de 800.000 moutons sur le marché national avant l'Aïd, grâce à une aide directe de 500 dirhams par tête. Les importations se sont poursuivies par la suite pour contribuer à la reconstitution du cheptel national.
Reconstitution du cheptel et aides aux éleveurs
Akhannouch a expliqué que la sécheresse s'était aggravée l'année suivante, entraînant de lourdes pertes dans le cheptel et menaçant la capacité de reconstitution des effectifs. Il a défendu la décision royale de ne pas célébrer le rite du sacrifice cette année-là comme une mesure de préservation. L'année suivante, marquée par des précipitations, le gouvernement a lancé un programme d'aide directe en faveur de 1,2 million d'éleveurs ovins, supervisé par les ministères de l'Agriculture, de l'Intérieur et des Finances.
Le chef du gouvernement a reconnu « la possibilité de l'existence de certaines irrégularités » dans les opérations d'importation, tout en estimant que l'essentiel restait la préservation du cheptel national, désormais « sur la voie du rétablissement ».
Ouverture à une commission d'enquête parlementaire
Concernant la demande de création d'une commission parlementaire chargée d'enquêter sur ce dossier, Akhannouch a affirmé que les ministres étaient « pleinement disposés à comparaître » et à fournir toutes les données demandées. Il a rappelé que la majorité gouvernementale avait initialement exprimé des réserves sur cette initiative, avant que le président du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des représentants, Ahmed Touizi, ne s'y implique. Akhannouch s'est interrogé sur les raisons de cette évolution tardive de la position de la majorité, tout en assurant que son parti « ne se cachera pas » et attendrait les résultats de toute enquête.
Le bilan de Khémisset et les perspectives régionales
Le responsable politique a également présenté le bilan de l'action gouvernementale dans la province de Khémisset, évoquant près de 10 milliards de dirhams investis dans le secteur de la santé, avec la mise à niveau de plusieurs hôpitaux dont deux dans la province elle-même. Il a insisté sur l'accélération des investissements dans les infrastructures routières, les établissements scolaires et les zones d'accélération industrielle, ainsi que sur la recherche de nouveaux investisseurs étrangers pour la région, qu'il a jugée encore insuffisamment équipée en matière de développement et d'emploi pour les jeunes.