Aziz Akhannouch, chef de la coalition gouvernementale marocaine, a pris la parole pour répondre à lapolémique née de la diffusion d’un enregistrement audio attribué à Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI). Lors d’une rencontre tenue à Oujda, lancien président du parti a saisi loccasion pour défendre le fonctionnement interne des instances partisanes et presenter un bilan économique et social du mandat gouvernemental qui sachève.
Une fuite relativisée, un parti qui défend ses institutions
Face à lapolémique, Aziz Akhannouch a cherché à calmer le jeu. Il a estimé que cet enregistrement, quil na pas commenté dans le détail, ne devait pas occulter lessentiel : le droit à la libre expression au sein des bureaux politiques. « Les bureaux politiques des partis revêtent une importance capitale », a-t-il déclaré, appelant à préserver leur rôle. Son avertissement est clair : si ces instances perdent de leur valeur, personne noserait plus parler de lavenir politique du pays.
Akhannouch a néanmoins précisé que les décisions collectives restent « contraignantes pour tous » et que la discipline de parti sapplique après les débats. Concernant Talbi Alami, il la décrit comme « une personnalité politique qui a accompli un travail important au Parlement et au sein de la majorité », souhaitant ainsi tourner la page de cette controverse.
Le débat sur les postes validé, mais encadré par la Constitution
Le chef de la coalition a défendu le caractère « démocratique » du débat sur la répartition des postes ministériels. Pour lui, ce type de discussion est naturel : « Chacun va dire : je veux ce poste ou je ne veux pas… Cest un débat. » Il na pas manqué de rappeler, toutefois, que lappétit pour les responsabilités ministérielles reflète l« ambition » de chacun dans un contexte de nouvelle étape politique.
Akhannouch a ensuite détaillé le processus constitutionnel en trois temps : après les élections et la formation de la coalition gouvernementale, le Roi nomme le chef du gouvernement. Les partis proposent ensuite les portefeuilles souhaités ainsi que les noms de leurs candidats. Mais il a tenu à clarifier : « La décision finale à ce sujet relève exclusivement des prérogatives de Sa Majesté le Roi. »
Un bilan économique mis en avant : emploi, inflation et aides sociales
Au-delà de la politique interne, Akhannouch a dressé un bilan de laction gouvernementale sur plusieurs fronts. Sur le front de lemploi, il a avancé que le gouvernement a créé environ 750 000 emplois jusquen 2025, auxquels sajoutent 270 000 autres cette année, portant le total à plus dun million. Concernant linflation, le taux est passé de 6-6,5 % à 0,8 %, puis à 0 %, avant de se stabiliser autour de 0,3 % en 2025.
Le programme « Karama », porté par le RNI, ambitionne de répondre aux « grandes problématiques » du pays : pauvreté, accès à leau, coût de la vie, santé, éducation et emploi. Par ailleurs, les aides liées à lÉtat social ont « doublé et augmenté de 50 % ». Akhannouch attribue ces résultats à la « gouvernance » et à la « confiance dans les institutions et en Sa Majesté le Roi ».
Éducation, santé et continuité des réformes
Dans le secteur éducatif, le projet des Écoles pionnières a atteint 80 % des établissements ciblés cette année. Sa généralisation, incluant le secondaire collégial puis qualifiant, est prévue pour 2027. Du côté de la santé, le gouvernement mise sur la formation des médecins et spécialistes de demain, avec un objectif denviron 2 000 diplômés pour la promotion de 2029.
Malgré ces avancées, Akhannouch a reconnu que « un certain nombre de réformes nont pas encore été achevées ». Il a appelé à « poursuivre cette trajectoire », estimant que le temps et les efforts doivent se poursuivre pour finaliser et déployer les changements sur le terrain.