Dakar vibre pour un nouveau récit entrepreneurial Cette année, la sixième édition d’AKA TALKS a fait exploser les codes. Plus de 1 800 participants, entrepreneurs, investisseurs et passionnés se sont réunis pour célébrer ce que beaucoup fuient : l’échec. Pas comme une défaite, mais comme une étape nécessaire, une leçon cachée derrière chaque chute.
À l’aéroport Yoff, sous un soleil de plomb, les stands défilent. Des startups sénégalaises exposent leurs prototypes brisés, leurs budgets explosés, leurs rêves reportés. Pourtant, leurs visages brillent. Parce qu’AKA TALKS ne parle pas de succès. Il parle de résilience.
Pourquoi Dakar ose-t-elle parler de l’échec ? Le Sénégal, terre d’entrepreneurs aguerris, cache une vérité crue : 90 % des startups échouent dans les trois ans. Pourtant, rares sont ceux qui en parlent ouvertement. Les réseaux sociaux affichent des stories de succès fulgurants. Les médias relaient les levées de fonds record. L’échec, lui, reste dans l’ombre, comme un secret honteux.
AKA TALKS change la donne. En 2024, l’événement a transformé un tabou en mouvement. Les panélistes, comme Mame Thierno Diouf, cofondatrice de Yango, n’hésitent plus à avouer : « J’ai failli tout perdre trois fois. Chaque fois, j’ai appris quelque chose d’irremplaçable. »
Et si l’échec était le seul chemin vers l’innovation ?
Des histoires qui inspirent, des leçons qui transforment Chaque conférence est un détonateur. Cheikh Mbacké Diop, ancien patron d’une fintech, raconte comment son entreprise a coulé après un piratage massif. « J’ai cru en la fin. Puis j’ai compris : le vrai capital, c’est la capacité à se relever. »
Les ateliers pratiques explosent les attentes. Des entrepreneurs échangent leurs war stories : un logiciel qui n’a pas plu, un partenariat raté, une équipe qui a lâché. Mais personne ne pleure. On rit, on note, on recrée.
« On nous apprend à vendre, à pitcher, à lever des fonds », explique Fatoumata Sow, 28 ans, fondatrice d’une plateforme éducative. « Personne ne nous parle de l’échec. Pourtant, c’est là que se forge la vraie expertise. »
Un modèle qui s’exporte : Montréal en ligne de mire L’impact d’AKA TALKS dépasse les frontières. La prochaine édition, prévue à Montréal le 17 octobre 2026, promet d’étendre ce virus de la transparence. « Nous voulons exporter cette culture », déclare Aïssata Tall, cofondatrice de l’événement. « Parce que l’échec n’est pas africain. C’est humain. Et il faut en parler partout. »
Mais pourquoi cette urgence ? Parce que les jeunes entrepreneurs, partout dans le monde, se mentent une vérité : le succès se mesure à la capacité à échouer bien.
Et vous, combien de fois avez-vous plié avant de vous relever ?
L’échec n’est pas une parenthèse. C’est le moteur. Dakar le sait. Le reste du monde commence à l’entendre. La question n’est plus si on échouera, mais comment on en tirera la force nécessaire pour inventer l’avenir.
Alors, prêt à en parler ? Ou préférez-vous encore compter vos succès sans jamais les payer de votre propre chute ?