Le PDG d'Airbus, Guillaume Faury, a réaffirmé la nécessité d’un avion de combat européen de sixième génération, en appelant à un programme de coopération après l’abandon du projet franco‑allemand SCAF. Il a présenté le Global Combat Air Programme (GCAP) – porté par le Royaume‑Uni, l’Italie et le Japon – comme une option parmi d’autres, tout en attendant les décisions des gouvernements européens.
Le retrait du SCAF et la quête d’une solution européenne
Le SCAF, initiative conjointe de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne, a été abandonné en juin 2026 en raison de divergences industrielles, notamment avec Dassault Aviation qui représente les intérêts français. Airbus, qui représentait l’Allemagne et l’Espagne dans le consortium, a souligné que le projet ne pouvait plus servir de socle à la souveraineté aéronautique européenne. Face à ce vide, le groupe a insisté sur la continuité d’une ambition commune : développer un avion de combat de sixième génération au sein d’un cadre de coopération multilatéral.
Le Global Combat Air Programme (GCAP) comme alternative de coopération
Le GCAP, lancé par le Royaume‑Uni, l’Italie et le Japon, propose le développement d’un chasseur de sixième génération destiné à remplacer l’Eurofighter Typhoon pour le Royaume‑Uni et l’Italie, ainsi que le Mitsubishi F‑2 pour le Japon. Guillaume Faury a déclaré que le GCAP constituait « une possibilité parmi d’autres » et que le gouvernement allemand était en train d’engager des contacts avec d’autres pays pour envisager des partenariats. Le Canada, présent au salon de Farnborough en juillet, a rejoint le programme en tant qu’observateur, ouvrant la porte à une éventuelle adhésion pleine.
Financements, partenaires et calendrier de mise en service
Le trio Royaume‑Uni, Italie et Japon a débloqué 4,6 milliards de livres (environ 5,4 milliards d’euros) pour poursuivre le développement du GCAP, avec une première mise en service prévue pour 2035. En parallèle, la France avance sur son propre projet national, le Rafale F5, qui devrait également entrer en service autour de 2035 et intégrer des capacités de combat collaboratif et de guerre électronique. Le PDG de Leonardo, Lorenzo Mariani, a souligné que la participation de l’Allemagne au GCAP serait bénéfique d’un point de vue industriel, renforçant ainsi les chaînes d’approvisionnement européennes. Airbus se positionne comme un acteur clé, prêt à contribuer à la solution européenne tout en attendant les orientations définitives des États‑membres.