Ahmed Rahhou, ingénieur polytechnicien, prend la tête du ministère marocain de l'IA et de la transformation numérique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 4 lectures
Ahmed Rahhou, ingénieur polytechnicien, prend la tête du ministère marocain de l'IA et de la transformation numérique

Ahmed Rahhou, vétéran du secteur bancaire, industriel et diplomatique, a été nommé ce vendredi 16 octobre 2026 au ministère de l'Intelligence artificielle, de la transformation numérique et de la réforme de l'administration du gouvernement Fatima‑Zahra El Mansouri. Son arrivée marque une volonté affichée du Royaume de consolider les leviers technologiques pour moderniser les services publics et renforcer la compétitivité économique.

Un profil d’ingénieur au service de la gouvernance

Né à Meknès en 1958, Rahhou a suivi un cursus d’excellence, décrochant le baccalauréat scientifique avant d’intégrer l’École polytechnique puis l’École nationale supérieure des télécommunications. Cette double formation d’ingénieur a jeté les bases d’une carrière qui a traversé plusieurs secteurs clés du pays : informatique à la Royal Air Maroc, direction générale adjointe au Crédit du Maroc, puis présidence du groupe Lesieur Cristal, avant de diriger le CIH Bank où il a piloté la digitalisation de l’offre bancaire.

Du secteur privé à la diplomatie puis à la régulation

En 2019, le diplomate‑économiste a été nommé ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne et chargé de la mission auprès du CERN, renforçant les liens technologiques du pays avec l’Europe. Deux ans plus tard, le Roi Mohammed VI l’a confié la présidence du Conseil de la concurrence, institution chargée de veiller à la loyauté des marchés. Cette expérience de régulation économique vient enrichir son nouveau portefeuille ministériel, où les questions de concurrence, d’innovation et de gouvernance publique sont étroitement liées.

Les priorités du nouveau ministère

Le ministère confié à Rahhou regroupe trois axes complémentaires : le développement de l’intelligence artificielle, la transformation numérique des services et organisations, et la modernisation de l’administration. L’objectif affiché est de créer un écosystème propice à l’émergence de solutions IA locales, d’accélérer la digitalisation des procédures administratives et de renforcer la transparence des institutions. Le ministre devra également coordonner les politiques publiques avec les acteurs privés afin d’attirer les investissements technologiques et de former une main‑d’œuvre adaptée aux nouveaux métiers du numérique.

Implications pour l’économie marocaine

En alignant IA, digitalisation et réforme administrative, le gouvernement espère stimuler la productivité des entreprises, réduire les coûts de conformité et améliorer la qualité des services aux citoyens. Le passé de Rahhou dans la modernisation bancaire et industrielle suggère une approche pragmatique, axée sur la mise en œuvre rapide de projets pilotes et sur la création de cadres réglementaires souples. Si ces mesures sont menées à bien, elles pourraient positionner le Maroc comme un hub technologique en Afrique du Nord, tout en renforçant la confiance des investisseurs étrangers.

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