Le 16 octobre 2026, Ahmed Mehdi Mezouari a été nommé ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, chargé de la Pêche maritime. Cette nomination propulse cette figure de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) à la tête d’un secteur névralgique, marqué par des attentes fortes en matière de modernisation et de gestion durable des ressources.
Un ancrage politique au service de l'État
Originaire de Mohammedia, Ahmed Mehdi Mezouari a bâti sa légitimité au sein de l’appareil socialiste, gravissant les échelons depuis la Jeunesse ittihadie jusqu’au bureau politique de l’USFP. Son parcours, marqué par une expérience de conseiller communal et un mandat à la Chambre des représentants (2011-2016), lui confère une connaissance fine des rouages institutionnels. Pour ses soutiens, cette ascension est le fruit d'un engagement militant constant, faisant de lui le premier natif de Mohammedia à accéder à une fonction ministérielle.
L'urgence d'une évaluation stratégique
Le nouveau ministre hérite d'un secteur dont les défis dépassent la simple activité de capture. Kamal Sabri, président de la Chambre des pêches maritimes de l’Atlantique Nord, a souligné la nécessité d'un changement d'approche. L'enjeu prioritaire réside dans l'évaluation rigoureuse du plan Halieutis, arrivé à son terme. Cette analyse doit permettre de mesurer l'efficacité des politiques de durabilité et de compétitivité menées jusqu'ici, afin d'identifier les blocages structurels qui freinent encore la filière.
Infrastructures et enjeux opérationnels
Au-delà de la stratégie globale, le secteur fait face à des dysfonctionnements opérationnels critiques. Les professionnels pointent du doigt l'immobilisation prolongée de navires de sauvetage, faute de maintenance, ainsi que la fermeture de plusieurs points de débarquement, notamment à Skhirat, Sidi Abed et Bouznika. Malgré des investissements massifs, ces infrastructures restent inexploitées, soulevant des questions sur la gestion des deniers publics et la capacité de l'administration à répondre aux besoins immédiats des marins-pêcheurs et des opérateurs de la transformation.
Une attente de concertation accrue
Pour les acteurs de la filière, l'arrivée d'Ahmed Mehdi Mezouari est perçue comme une opportunité de renouveler le dialogue social et professionnel. La profession appelle à une concertation élargie incluant artisans et industriels pour redynamiser un secteur qui a connu des reculs ces dernières années. Le ministre devra désormais transformer son expérience politique en une capacité d'arbitrage efficace pour concilier impératifs économiques, protection des écosystèmes marins et conditions de travail des professionnels.