Agroforesterie au Burkina Faso : structurer des plateformes d'innovation pour revitaliser les parcs arborés

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 26 lectures
Agroforesterie au Burkina Faso : structurer des plateformes d'innovation pour revitaliser les parcs arborés

Face à la dégradation progressive des parcs arborés, des chercheurs proposent une approche systémique au Burkina Faso pour renforcer les systèmes agroforestiers. En structurant des plateformes d'innovation locales, ce modèle vise à fédérer les acteurs ruraux autour d'une gestion concertée et durable des ressources ligneuses.

Une cartographie des acteurs pour une action collective

L'intensification des parcs arborés, essentiels à la sécurité alimentaire et environnementale, nécessite une coordination étroite entre des parties prenantes aux intérêts parfois divergents. Une étude menée dans les communes de Koumbia, Dano et Guéguéré a permis d'identifier deux catégories d'acteurs clés. Les acteurs directs, tels que les producteurs, collecteurs et acheteurs, forment l'épine dorsale de la chaîne de valeur. À leurs côtés, les acteurs indirects — services techniques de l'État, centres de recherche, ONG et autorités locales — apportent l'expertise et l'accompagnement nécessaires pour lever les obstacles techniques et logistiques.

Interdépendance et gouvernance locale

Le fonctionnement de ces plateformes repose sur une interdépendance fonctionnelle où chaque maillon de la chaîne, de la production à la commercialisation, est essentiel à la pérennité du système. L'analyse des réseaux sociaux a révélé que le maillon de la production détient la plus forte influence sur le dispositif. Pour structurer cette collaboration, deux organes ont été définis : le Groupe de concertation villageois (GCV), dédié au suivi opérationnel et à la résolution des problèmes de terrain, et le Groupe de concertation communal (GCC), chargé de la coordination stratégique et de l'orientation des activités à plus grande échelle.

Vers un modèle orienté marché

L'objectif central de ces plateformes est de transformer les pratiques agroforestières en un levier économique viable. En favorisant le partage de connaissances, la formation technique et le tissage de relations commerciales, ce modèle cherche à répondre aux besoins concrets des populations rurales. Le financement de ces activités est envisagé via une combinaison de cotisations des membres, de revenus issus d'activités génératrices de valeur ajoutée et de subventions publiques ou privées. Cette approche, bien accueillie par les communautés locales, ambitionne de créer une synergie durable, capable de pallier les limites des interventions isolées et de renforcer la résilience des systèmes de production face aux défis environnementaux actuels.

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