L'Afrique a besoin de nouveaux capitaux pour soutenir sa transition écologique, mais elle exige également que les fonds déjà mobilisés soient suivis de près et évalués en termes d’impact réel. Nicole Martens, directrice exécutive de l'ONG Just Share, rappelle que les engagements climatiques des acteurs financiers doivent se traduire par des changements mesurables dans les projets qu’ils financent.
Un appel à davantage de financements climatiques
Les pays africains, confrontés à des défis majeurs liés aux changements climatiques – sécheresses, inondations, perte de biodiversité – cherchent à renforcer leurs capacités d’atténuation et d’adaptation. Selon le texte source, le continent réclame « davantage de financements climatiques ». Cette demande s’inscrit dans le cadre des objectifs de développement durable et des engagements pris lors des conférences internationales sur le climat.
Redevabilité : un critère désormais incontournable
Au-delà du volume de capitaux, la question de la redevabilité apparaît comme un enjeu central. Nicole Martens souligne que les banques, les investisseurs institutionnels et les fonds de pension doivent rendre compte de l’usage des fonds alloués. Cette exigence vise à garantir que chaque euro investi contribue réellement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la résilience des communautés locales.
Vers une régulation qui transforme les engagements en résultats concrets
Martens indique que la traduction des engagements climatiques en actions mesurables doit s’opérer « sous l’effet d’une réglementation ». Une telle régulation pourrait imposer des standards de reporting, des indicateurs de performance environnementale et des mécanismes de suivi indépendants. En rendant les engagements vérifiables, les acteurs financiers seraient incités à orienter leurs portefeuilles vers des projets à forte valeur ajoutée climatique, tout en limitant les risques de greenwashing.
Implications pour les décideurs et les acteurs du secteur privé
Pour les gouvernements africains, la pression accrue en matière de redevabilité peut justifier la mise en place de cadres législatifs nationaux alignés sur les standards internationaux. Du côté du secteur privé, les institutions financières sont appelées à intégrer des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) plus stricts dans leurs processus de décision d’investissement. Cette double dynamique – augmentation des flux financiers et amélioration de la transparence – pourrait accélérer la transition vers une économie bas carbone sur le continent.